5 bonnes raisons d’aller à Barcelone {5}

5 bonnes raisons d’aller à Barcelone {5}

Capitale du polar

« Littérature, sport et société »,  on décrit ainsi les rapports complexes qu’entretiennent la littérature et le sport avec la société à Barcelone.

Sherlock Holmes et la conspiration de BarceloneLes nombreux mouvements culturels qui sont nés à la fin du XIXe, ont touché les domaines de la musique et de l’art et ont incroyablement enrichi la littérature catalane, en faisant d’elle une toile de fond de beaucoup de films et un vrai personnage de roman. Réaliste ou fantasmée, Barcelone est dans la plupart des cas sombre.

« La Ville des prodiges », comme la décrit Eduardo Mendoza dans son best-seller, est surtout une ville aux dimensions restreintes, avec de faibles perspectives d’extension contenues par la mer et les montagnes, un lieu où tout le monde se connaît et n’ignore pas les misères des autres. Un décor pertinent pour se reconnaître particulièrement comme capitale du roman noir espagnol, un registre littéraire né dans les années 1930, en pleine période franquiste.

Barrio-GoticoLa triple identité de la ville (à la fois la capitale de la Catalogne, une grande ville d’Espagne et un grand port européen) est pour beaucoup dans la richesse de sa littérature : Les auteurs qui appartiennent à ces trois aspects, s’y rejoignent, s’y mêlent – s’y affrontent parfois écrivant en catalan, en espagnol ou encore en français et en anglais. Jeunes et vivants, ils ont de l’imagination, de l’humour et de vraies histoires à révéler qui font ressurgir les mythes de Barcelone.

« Elle est la ville du roman noir par excellence« , affirme Paco Camarasa, l’un des plus fins connaisseurs de cette littérature, fondateur de la librairie Negra y Criminal, unique en son genre en Espagne, et directeur du festival du roman policier BCNegra. « Elle regroupe en son sein tout ce qu’il faut : les faits divers les plus tordus, les personnages les plus intrigants et les maisons d’édition les plus importantes.« 

el ravalEn effet, aux côtés des repères touristiques les plus prisés, l’on retrouve les petites ruelles sombres du Barrio Gótico (Quartier gothique, centre médiéval de la ville et un véritable labyrinthe) et le Raval (quartier populaire et toujours industriel. C’était le quartier des minorités ethniques et la présence d’une communauté asiatique lui valut le nom exotique de quartier chinois, Barrio Xino. Accolé au port, c’était le lieu de débauche des marins, avec la mauvaise réputation d’accueillir les bars louches. L’urbanisation rapide de Barcelone, entraîne la marginalisation de ce quartier où la pollution et les problèmes épidémiques fréquents font grimper de manière vertigineuse le taux de mortalité. La prostitution, les vols et l’arrivée de l’héroïne dans les années 1970 finissent d’isoler le quartier. Actuellement il abrite le Musée d’art contemporain de Barcelone), où s’agglutinent les vendeurs de drogue et les prostituées, les immeubles délabrés où s’entassent des familles étrangères ou non, poussées là par la misère dans leur pays ou par la crise qui sévit en Espagne. La tache noire ne cessant de grandir depuis 1920 et de gagner tous les quartiers : inspecteurs et détectives privés se croisent et se toisent, des radiographies des dessous de la société bourgeoise, aux sagas policières, aux portraits gothiques des bas-fonds portuaires.

Ces diverses particularités font de Barcelone une ville idéale pour une intrigue policière, et notamment le port qui constituerait à lui seul un microcosme au sein même de la ville, un personnage à part entière animé par des activités d’espionnage, la lutte sociale et politique et les trafics de tout genre, générant une atmosphère violente susceptible d’alimenter le fantasme d’une Barcelone-Chicago, ou de nouvelles aventures du capitaine Sparow. Alicia Gimenez Bartlett, écrivaine espagnole et notamment auteure de roman policier, décrit la ville comme une sorte de pyramide sociale, avec des quartiers bien délimités. Une aubaine pour les huis clos. Parce qu’avant d’être la Barcelone méditerranéenne, celle du ciel bleu et du soleil brillant, c’est la ville grise et violente du XXe siècle, la Barcelone anarchiste de la révolution, la cité industrieuse des grandes fabriques du Poble Nou (Ou Nouveau Village, à ses origines, un quartier concentré grâce à l’immigration et l’industrie, jusqu’à devenir la plus importante zone industrielle de Catalogne).

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