ABC contre Poirot

ABC contre Poirot

Dans un roman policier, un crime ça promet beaucoup de suspense; un deuxième éveille l’attention, un troisième apporte du rebondissement, tandis qu’au quatrième on se prend volontiers au jeu du « qu’est ce qui va se passer ? ».

Agatha Christie a brillé encore une fois mais contrairement à l’accoutumée, elle ne s’est pas contentée d’imaginer un simple homicide « intime » ; plutôt une série de meurtres prémédités selon une « manie alphabétique », qui a donné bien du fil à retordre au Scotland Yard, comme au détective Hercule Poirot, accompagné cette fois par son ami le Capitaine Hastings, ici narrateur.

En effet, le Serial Killer qui signe avec les initiales A.B.C., met au défi le célèbre détective belge en lui envoyant des lettres indiquant la ville où il frappera. La victime porte un nom qui commence par la même initiale : ex. Mme Ascher à Andover.

Il existe un abîme entre ce qu’on dit et ce qu’on vous fait dire. on emploie certaine manière de tourner les phrases qui en dénature complètement le sens primitif. P. 160

Le lecteur est à la traque d’indices et d’informations significatives. Il suit les crimes impunis de l’assassin, les enquêtes infructueuses ; voire les habiletés, de plus en plus sur la sellette, du fin limier habitué au succès mais resté spectateur, bien entendu jusqu’au dernier chapitre.

Alternant la narration entre des chapitres à la 1ere personne (Hastings) et à la 3ème personne, l’auteur de Dix Petits Nègres, a manié le récit d’une habileté machiavélique où mystère et surprise en sont les ressorts.

Paru en 1936, le roman ABC contre Poirot a été plusieurs fois adaptés au cinéma et à la télévision. Récemment (2018) c’est sous format d’une mini-série de 4 épisodes où l’on retrouve l’impeccable John Malkovich dans le rôle d’Hercule Poirot.

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