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Alice aux pays des merveilles

Nous avons tous vu un jour ou l’autre la représentation animée Disney d’Alice aux Pays des Merveilles, mais ce n’est qu’en lisant que l’on sent, avec son œil d’adulte, qu’en aucun cas, ce texte fortement codé (même si je n’en devine pas le sens caché), ne peut être destiné aux enfants.  

L’histoire commence dans un jardin poétique et tranquille. Alice, une jeune fille de 7 ans qui se lasse du récit historico-politique que lui raconte sa sœur, regrette que les livres ne soient pas tous illustrés. C’est dans un moment de demi-sommeil, d’imagination qu’elle aperçoit un Lapin Blanc courant à toute allure, décide de le suivre, et tombe aussitôt dans un terrier, où commence les aventures extraordinaires aux pays des merveilles.

Ce livre, paru en 1865, a la parfaite apparence d’une fable où dans un univers absurde, les animaux comme les choses s’animent bizarrement, et dans une fable nous savons que derrière il y a un énorme travail de codage.  Les biographes comme les psychanalystes se sont attardés pendant plus de 150 ans pour décoder la symbolique d’une fiction qui n’était clairement pas destinée au jeune public, quoique ce roman, devenu un classique, a été pour longtemps leur lecture de chevet.

À l’origine, lors de sa première écriture, le livre n’était pas destiné aux enfants. L’écriture fut reprise une seconde fois pour les enfants en conservant les personnages merveilleux qui la rendaient si attrayante pour ce jeune public. Le roman foisonne d’allusions satiriques aux amis de l’écrivain et aux leçons que les écoliers britanniques devaient mémoriser à l’époque. Wikipédia.

Comme Jonathan Swift, dans son œuvre satirique politique et sociale Les Voyages de Gulliver, a usé des exagérations de formes et d’humeurs pour se moquer des travers de la société de son époque, Charles Lutwidge Dodgson, alias Lewis Carroll, s’est servi de paravents littéraires, récitant des histoires et des poèmes pour attacher aux mots le sens qu’il veut

La fiction de Carroll était une réponse nuancée à un ensemble d’habitudes sociales de l’ère victorienne marquée par les déguisements et les travestissements. Trahison, intrigues politiques, des peines de mort, les relations mère-fille, la puberté, la sexualité sont visiblement les thématiques qui y sont traités.

Alice une fille qui ne fait jamais ce qu’on attend d’elle, rebelle, cherchant à comprendre, intègre la notion du nonsense et finit par croire à l’impossible. Selon l’analyse freudienne, cet univers énigmatique est celui de la féminité, et la descente d’Alice dans le terrier du lapin, n’est que la pure découverte –dans l’inconscient- de sa sexualité de petite fille, avec ses transformations corporelles, ses fantasmes, ses zones érogènes et ses craintes de préadolescente.

Elle resta donc assise, les yeux fermés, en s’imaginant au pays des merveilles, tout en sachant qu’il lui suffirait de les rouvrir pour revenir à la morne réalité : l’arbre ne bruisserait que dans le vent et les vaguelettes sur la mare ne seraient dues qu’à l’ondulation des ajoncs […] Enfin, elle s’imagina comment sa petite sœur, devenue femme au fil du temps, entretiendrait le souvenir d’une enfance candide et chaleureuse, en s’entourant d’autres petits, et ferait briller leurs yeux avides en leur contant des fables étranges, et peut être même le rêve lointain du pays des merveilles.

Lewis Carroll, romancier, essayiste, photographe amateur et professeur de mathématiques britannique, a réalisé lui-même les 37 dessins à la plume dans l’exemplaire manuscrit de l’histoire qu’il offrit à Alice Liddell, son amie pour qui il écrit ce chef d’œuvre de la littérature de jeunesse.

Safaa White

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