Cinq petits cochons

Cinq petits cochons

Sollicité par une jeune fille dont la mère a été inculpée pour l’assassinat de son mari, seize ans plus tôt, Hercule Poirot doit remonter le temps et mener une enquête rétrospective. Dans une lettre à sa fille, Mrs Crale avoue être innocente, sachant qu’en aucun moment du procès elle n’avait manifesté la moindre résistance et sa culpabilité était connue de tous.

Pour connaitre la vérité, le détective n’a pas besoin d’être présent au moment du crime. Méthodique, fort en analyses psychologiques, il fait preuve de beaucoup de réflexion pour aller au-delà des évidences. C’est encore une fois dans les paroles d’une comptine pour enfant que l’écrivaine tisse sa trame et lui trouve un titre, comme précédemment dans Dix Petits Nègres. En effet, grâce à cinq comptes rendus des événements dont étaient témoins cinq nouveaux suspects, il revient en arrière et arrive à reconstituer les faits.

Je me suis donc mis en route dans mon voyage à rebours du temps, afin de glaner tout ce que je pouvais apprendre sur le drame. Voici comment je m’y suis pris. Je suis allé voir l’avocat qui a défendu Caroline Crale, le substitut de l’Avocat de la Couronne, le vieil avoué qui avait intimement connu la famille Crale, son clerc qui avait assisté au procès, l’officier de police chargé de l’enquête, et enfin les cinq témoins directs des faits. Grâce à tous ces entretiens, j’ai pu reconstituer une image, l’image composite d’une femme. Et voici ce que j’ai appris : « Qu’à aucun moment, Caroline Crale n’avait protesté de son innocence – sauf dans une lettre rédigée pour sa fille ».

Le roman, qui fait 212 pages, 3 livres, un chapitre pour chaque élément de l’enquête, est l’un des plus long que j’ai lu d’Agatha Christie, si je me fie à ma mémoire. Et c’est de mémoire justement qu’il est question. J’ai beaucoup savouré les passages où elle discutait le fonctionnement du cerveau, même après tant d’années.

La plume scénaristique d’Agatha Christie rend le récit continuellement vivant grâce aux nouveaux détails qu’elle sait où et quand les intégrer. Son expérience en tant que préparatrice dans la pharmacie du University College Hospital dans les années 1940, lui a permis de parfaire ses connaissances des poisons, élément central ici (et ailleurs) puisque la victime, Amyas Crale meurt empoisonné par la conicine.

Cinq petits cochons est l’histoire forte en émotions du crime parfait, ingénieusement décrit sous le style à la fois simple et captivant d’une écrivaine qui n’a rien volé de sa réputation de Reine du roman policier. Le vrai coupable n’est démasqué qu’à une page de la fin, de quoi nourrir le suspense du lecteur et le tenir tout le temps de la lecture dans le feu de l’action.

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