Confessions d’une (mal)chanceuse {1}

J’ai toujours voulu parler de la chance, disserter sur l’amour, ou rediscuter encore une fois le bonheur, bref, toutes ces choses qui ne se discutent pas, que nous n’avons pas le droit de théoriser, qui dans l’incapacité d’expliquer leurs ingrédients inexplicables, nous nous satisfaisons de les vivre, chacun à sa façon, pour ne pas rompre l’invisible magie s’opérant au fond de nos âmes, tournoyant chez nous tous les papillons de l’univers, paralysant le rationnel et débridant sans limites l’émotionnel.

Ce ne serait pas reprendre une litanie de gémissements si je dis que je ne me suis jamais sentie chanceuse. Je ne rejette pas mes échecs sur un quelconque astre sous lequel je serais née et je ne prête pas trop d’attention au hasard, mais il m’arrive, dans la succession plus qu’accidentelle des délits de la vie, de me pencher sur la « mauvaise fortune » qui m’entoure par occasions ou d’interpréter, subjectivement certes, le déroulement des choses ou leurs conséquences sur mes journées – qui finissent par ne pas l’être !!- sans me surprendre de voir les résultats finals ne seyant pas tout à fait à l’optimisme dont j’essaye malgré tout d’être une bonne alliée.

Il a fallu au moment où mes forces sont au creux de la vague et je ne formule secrètement que le souhait d’avoir une bonne pause pour moi, que l’évier cède, que le dîner froid préparé parce qu’il ne restait plus de gaz dans la bouteille se renverse sur le tapis et qu’il fallait nettoyer par surcroit les vêtements tachetés.

Deux autres incidents dont la scène se déroula également dans la cuisine s’évoquent ici où par fantaisie j’avais envie de préparer un trois chocolat et un gâteau à l’étage. Je m’aperçus au milieu des préparations que des composants ou des ustensiles nécessaires manquaient, que j’ai oublié d’incorporer dans mon appareil de Joconde les blancs en neige restés à l’écart, que le biscuit a légèrement brûlé et qu’il fallait à chaque fois à défaut de température convenable retravailler la ganache qui gelait dans les casseroles et qui par la suite a formé une couche plutôt épaisse à mon goût, etc.

D’un point de vue raisonnable, cohérent avec le bon sens dont manquerait une personne à ma place, l’itération de ces petits incidents sous l’habit de la malchance trouve son explication dans l’absence de prévisions, de provisions et une non-concentration qui compromettait l’usage de mes membres et de mon esprit.

D’un point de vue moins rationnel d’une femme dont la nature ne préfère pas traiter les épisodes individuellement mais plutôt d’en accumuler les stress, il s’agirait, sans superstition aucune, d’une conspiration parfaite contre sa propre personne qui même sans se ménager ses efforts doit faire face à la ténacité de la déveine qui n’a cessé un seul moment de la harceler.

Car, et loin de l’image caricaturale que j’essaye de peindre de mes mésaventures, il existe vraiment des personnes sur qui le sort s’acharne et d’une façon chronique. Discordes familiales, échecs sentimentaux, obstacles professionnels, rien ne leur réussit. Ainsi, tellement convaincues de s’attirer les défaveurs du destin que même les instants les plus anodins sont des occasions pour que la poisse ne les rate pas : trébucher sur une marche, renverser du café chaud sur sa chemise, la voiture qui déconne sous la pluie trente minutes avant l’entrevue et quand la foudre frappe elle choisit leur maison parmi toute la mitoyenneté ! Alors que parallèlement chez certains, la force invisible et fortuite de la chance est toujours au rendez-vous !

Il n’en est rien !

La chance, le hasard – tiré du jeu de dés en arabe (Alzahr)- sont qualifiés par les analystes comme une compétence à apprivoiser les aléas de la vie, une attitude à adopter, un état d’esprit et une pratique disciplinée. Des pensées positives aidant, les personnes qui prennent le risque de franchir le pas plutôt que se douter d’elles-mêmes et des résultats futurs, ont prouvé que la fortune (non seulement matérielle) se travaille et les clés de la réussite n’ont d’autres broyeurs que l’abandon, le découragement et la fuite ! Le secret d’un chanceux serait de rêver, de se réveiller de son rêve et partir l’accomplir d’un trait. (Walt Disney)

La loi d’attraction, qu’elle ait des preuves scientifiques de fonctionnement ou demeurant une pseudoscience, affirme que comme les bonnes vibrations s’attirent avec harmonieuse similitude, il en est pareil pour les mauvaises. De telle sorte que l’optimiste ne s’attire presque jamais les mauvaises ondes, ou les esquive habilement pour qu’elles atteignent d’autres cibles !

…. à suivre

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