My World To You

Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

Des pourquois déplacés

Des questions du genre « pourquoi tu écris ? », « pourquoi tu tiens un journal ? », « pourquoi tu publies ? » ou encore « en quoi ça te sert de dresser une liste qui te décrit ? » m’agacent. Purement et simplement! J’assume pleinement mon jugement et ma colère est très saine.

Je dois apprendre à réfléchir à l’avance à des réponses qui clouent le bec à ceux qui me les posent, parce que je n’ai de réponses percutantes dans cette lutte identitaire qu’une fois les quittant.

Ces passions font partie de l’être que je suis, que me poser une telle interrogation inappropriée a généralement pour moi l’effet qu’un chat a mangé ma langue. Je me sens dénudée de ma personnalité. Je ne trouve pas dans mon vocabulaire verbal les justes mots pour expliquer ce qu’à mon sens ne nécessite pas d’explication.

Est-ce que je demande à celui qui ne sait rien faire de ses pieds et joue au foot pourquoi il le fait ? Ou à celui qui choisit comme passe temps à jouer aux cartes, pourquoi un si petit esprit ?

Si on ne le fait pas, on ignore tout le plaisir que ça procure. On respecte les choix d’autrui et si on ne trouve rien d’intéressant à dire, il va falloir apprendre à se taire!

Je finis par me sentir étrangère dans mon genre, que les fois où on apprécie ce qui me passionne et me demande d’en parler davantage, sans que je craigne que l’on s’en moquerait, je ne sais plus à quoi m’y tenir et fournis une modeste prestation et le résultat en souffre.

J’estime que toutes ces différences se nourrissent des divergences de perception et notre incapacité de les accepter pour espérer les gérer.

Pour l’observateur, rien n’est parfait si c’est fait autrement !

L’autre jour, en évoquant la fascinante aventure du parachutisme que j’avais expérimentée, une des personnes présentes m’a réduite au silence avec sa réplique hautaine : Et pourquoi donc faire une chose pareille ? Juste comme ça, histoire de parler.

Ca n’émanait certainement pas de sa propre crainte d’entreprendre une telle expérience ni de son éventuelle admiration. Au contraire, c’était proprement motivé par la jalousie. Oui, quand on est jaloux du courage de l’autre, on le décrit de téméraire. Quand on est jaloux de l’enthousiasme des gens, on le nomme frivolité. Quand on est jaloux d’une ouverture si confiante, on peut bien parler de légèreté.

Notre communauté ne sait pas apprécier le créatif, l’original, le beau sans chercher à le dénigrer ou à s’en moquer d’une façon ou d’une autre.

Alors, sachez, chers curieux ou envieux, que j’assume mon air léger, l’enfant que je suis et toutes ses témérités.

Safaa White

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