Deux femmes à Paris


Read / mardi, juin 18th, 2019

C’est une autre œuvre sur la Shoah, qui m’a fallu 6 ans pour la faire sortir et y être accrochée, cette fois, du début jusqu’à la fin.

Dans un style simple, sans inutile, avec de courts chapitres de quoi rester suspendu aux pages, la romancière fait installer ses deux personnages principaux, Maya et Maud, l’une en face de l’autre dans un immeuble du IXe arrondissement dans le Paris de 1935. Une période où la haine des confessions et des rangs est largement nourrie.

Nine Moati, d’origine juive tunisienne, née dans la même époque que son histoire, dont certains aspects sont inspirés de faits autobiographiques, dresse dans son10ème roman les combats journaliers de femmes, demeurées seules, endurcies malgré elles pendant la Seconde Guerre mondiale, ne devant compter que sur leur forte amitié pour se tirer d’ennuis l’une et l’autre.

Roman féminin

Livrées quotidiennement à une vie dure, aride et solitaire, ces femmes n’ont rien à envier aux héros dans les lignes de la résistance, parce qu’en moment de tourmente, les combats de survie (surtout pour sauver son enfant) se ressemblent.

Elle pleurait sur le sort qui l’avait fait naitre juive et sur la providence injuste qui la protégeait. Perdue dans ce Paris de haine, radieux sous le soleil estival, elle sentait ses repères disparaitre les uns après les autres, happés par l’Histoire. p 225

Paru en 1998, c’est un roman féminin qui dépeint plusieurs portraits de femmes, âges, occupations et tempérament variés. Et si Deux femmes à Paris n’est pas une référence de premier plan parmi les livres abordant l’anéantissement des juifs par le nazisme, il a le mérite de présenter l’étude sociale des individus sous le prisme de la guerre qui voit naitre les profiteurs, les résistants, les loyaux et les dénonciateurs, etc.

On apprécie également, quoique présenté avec moins d’application, l’analyse des conséquences psychologiques qui sévissent après : Maya échappant à la déportation mais pas forcément aux répercussions de la guerre, comme machine d’humiliation, de cruauté et de terreur.

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