Du rouge bien rouge

Du rouge bien rouge

Samedi dernier j’étais invitée à un baptême, j’ai porté un caftan satiné noir avec des broderies de roses en couleurs ; pour mon Make up, j’ai opté pour du discret mais un rouge à lèvres bien rouge. Des escarpins de la même couleur allaient, contrairement à ce que pensait Brel, se marier à merveille avec l’ensemble, sauf que je n’en disposais pas. Quoique mes sandales dorées ne laissent point à désirer !

Alors, je vous le dis dès maintenant, pour la St Valentin, je voudrais de belles chaussures vernies rouge écarlate ! Je serais une Alice ou ressemblerais à une autre Dorothée Gale.

Vous le devinez.

Tout ce prologue pour parler de cette date marquée sur nos calendriers, (normalement d’une pierre blanche, mais je lui préfère l’autre expression) au fer rouge (aussi), qu’est le quatorze février.

Sur Wikipédia, on lit bien que le rapprochement entre ce jour et l’amour ne retrouve aucune trace dans l’histoire ancienne ; qu’on associait la période allant de la mi-janvier à la mi-février (consacrée au mariage sacrée de Zeus et de Héra) à l’amour et à la fertilité. C’est dire qu’à l’origine il s’agissait d’une tradition païenne, qui a finit par être assimilée par l’Eglise Romaine, en lui donnant le nom d’un « Saint » comme protecteur des couples.

Sauf qu’au départ, cette fête était célébrée par les célibataires : Le jour de la fête, les jeunes filles célibataires se dispersaient aux alentours de leur village et se cachaient en attendant que les jeunes garçons célibataires les trouvent. À l’issue de ce cache-cache géant, les couples formés étaient amenés à se marier dans l’année. Ceci permettait de développer la démographie et stimuler l’expansion des villages.

A l’approche de cette date, des cœurs rouges clignotent de partout, les offres, se voulant des flèches de cupidon (vendeur celui là !) prolifèrent en idées de cadeaux ou de séjours et les boutiques et les agences se concurrencent à être les meilleures.

Quel gâchis d’arriver à vicier, même, les nobles sensations.

L’amour n’est pas le commerce des roses et du chocolat. L’amour est la fusion, le respect et l’adoration. L’amour est l’action de se soutenir toute la vie, et non  se tenir seulement les jours ensoleillés.

Alors, comme pour les fêtes de mariages, oubliez le superficiel des ornements et concentrez-vous sur la passion, le fond des sentiments ; ce qui vous anime, ce qui vous rend fort, ce qui vous rend heureux…

Demandez-vous si la vie venait un jour à vous priver de votre bien aimé, si vous arriverez à le survivre un jour de plus, demandez-vous s’il ne vous restait qu’un jour à vivre, si vous tenteriez de le passer à lui tenir rigueur ou vouloir le passer cloîtré dans ses bras.

Se donner des présents fait agréablement plaisir, mais quand le don, à l’image des émotions, est spontané.

Mais sérieusement, posez-vous la question : si vous n’en recevez pas, et qu’en parallèle l’expression de dévouement se lit dans les yeux et le sentiment de sécurité et l’attention borde de tous lieux, tous les jours, demanderiez-vous encore à recevoir la preuve matérielle d’un jour ?

Dans Lettres à un jeune poète, je suis tombée cet après midi même, après mon déjeuner sur une lettre, écrite à Rome le 14 mai 1904, qui parle d’amour. Toujours sujette à la loi d’attraction, ça ne m’étonne pas. J’ai lu et relu cela avec le sourire !

Je vous copie un extrait de cet excellent texte, et dire que Rainer Maria Rilke avait pensé ça à l’âge de 28 ans !

Il est bon aussi d’aimer : car l’amour est difficile. L’amour d’un être humain pour un autre, c’est peut être l’épreuve la plus difficile pour chacun de nous, c’est le plus haut témoignage de nous-mêmes ; l’œuvre suprême dont toutes les autres ne sont que les préparations… c’est une haute exigence, une ambition sans limite, qui fait de celui qui aime un élu qu’appelle le large. Dans l’amour, quand il se présente, ce n’est que l’obligation de travailler à eux-mêmes que les êtres jeunes devraient voir. Se perdre dans un autre, se donner à un autre, toutes les façons de s’unir ne sont pas encore pour eux. Il leur fait d’abord thésauriser longtemps, accumuler beaucoup. Le don de soi-même est un achèvement : l’homme en est peut être encore incapable.

Là est l’erreur si fréquente et si grave des jeunes. Ils se précipitent l’un vers l’autre, quand l’amour fond sur eux, car il est dans leur nature de ne pas savoir attendre…

J’ai envie d’enchainer encore et encore à vous citer ses paroles, mais vous comprendrez que rien n’équivaudra le plaisir de lire ces mots dans leur recueil, lentement, patiemment, passionnément.

 

Ps : ceci dit je suis sérieuse pour les chaussures !

Je vous aime !

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