Les filles du Tsar, survivantes à la Révolution Russe ?

Les filles du Tsar, survivantes à la Révolution Russe ?

Si Cristallisation secrète m’a particulièrement marquée, ce livre historique livré dans le même colis Livremoi.ma m’a profondément bouleversée, secouée que je suis restée des jours après dans cette étrange atmosphère d’étranglement, de répugnance !

Très jeune, j’étais (passionnée) intriguée par le sort dramatique qu’ont connu les derniers Romanov et j’en gardais toujours de l’amertume. Je regardais des documentaires et j’avais même par deux fois consacré des articles à leur sujet en me posant des questions : au lendemain de la révolution russe, les membres de la famille impériale, exilés, emprisonnés, vont tous, sans aucun jugement, être fusillés dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 à Ekaterinbourg. Leur fils Alexis âgé alors de 13 ans, et ses ainées, Olga, Tatiana, Maria et Anastasia ont été également achevés à coups de baïonnettes !

Ça c’est la version officielle de l’histoire !

Mais qu’en est-il vraiment ?

Jacqueline MONSIGNY enquête sur ce qui est l’un des faits les plus passionnément étudiés dans l’histoire contemporaine. Partant d’un soubassement solide de documents, déclarations et crédibles témoignages, cette romancière et scénariste, prête sa plume à la grande-duchesse Marie Nikolaïevka Romanova, troisième fille du Tsar Nicolas II, qui nous emmène à travers 9 livres, depuis sa naissance en 1899 sous une Russie encore tsariste, jusqu’entre autres les feux qui ravageaient l’Europe du XXe et les péripéties d’après la révolution bolchevique. Car, contrairement à ce que tous les clans essayent de « faire croire », si le Tsar et probablement son fils ont péri cette nuit en Sibérie, pour les autres « on » a juste simulé la mort.

Traduite dans 22 pays, l’historienne Jacqueline Monsigny a réussi par sa plume vivante, dans ce récit biographique des plus accrochant, depuis les Jours heureux des princesses choyées accoutumées au faste des palais, au déclin de la paillasse des pires détentions, à nous charrier dans les labyrinthes de l’énigmatique politique, où jeux et luttes d’influences font des « victimes » leurs enjeux.

Traités secrets, raisons d’Etats, affaires de famille, héritage d’un trésor s’élevant à plus de 1600 tonnes d’or, etc. sont toutes des raisons pour faire croire que la gent féminine Romanov – considérée comme une monnaie d’échange dès lors, réellement épargnée et acheminée chacune de son côté, vers différentes directions de l’Europe Occidentale sous de faux patronymes- a connu la mort dans ce massacre collectif (la première version officielle soviétique déclarant le Tsar unique exécuté!)

D’après l’analyse des enquêteurs les rouges auraient pu passer pour des alliés de l’Allemagne en laissant la vie aux femmes de la famille impériale (L’impératrice Alexandra Fedorovna est née allemande et parente du Kaiser Guillaume II). Comme toute la famille est supposée être morte, cela évite toute restauration au pouvoir des Romanov en Russie et crédibilise les montants au pouvoir aux yeux de la population.

Les blancs qui auraient servi d’intermédiaire entre les rouges et la famille royale d’Allemagne auraient pu passer pour des traitres à la Russie de négocier secrètement avec l’ennemi et d’adopter officiellement leur version du massacre. De plus, les blancs étaient pour légitimer la branche du grand-duc d’Allemagne et la survie de membres de la famille impériale l’empêchait.

Dans ce travail brillant de recherche, sur la piste des preuves, avec un style limpide et fidèle, l’auteur excelle dans l’art de la contre-histoire comme le préface l’écrivain et historien Gonzague SAINT BRIS.

Je ne dirais pas que cette lecture permet aux lecteurs de se délecter comme il se doit de toute œuvre, les images de la sale guerre, l’abominable guerre qu’était la grande guerre et les supplices sauvages des bolcheviques venants droit du moyen âge ont suffisamment piétiné la fleur bleue en moi et m’ont tenu par la groge depuis.

Mais, il fallait lire Les filles du Tsar, je le cherche déjà depuis longtemps! C’est un livre qui vous tient en haleine et vous invite à traquer ses personnages et suivre leurs traces au fin fond de la Sibérie. Entre amis, je souhaitais les discussions prendre fin et je brûlais de dévorer les pages, comme je l’ai littéralement fait en un rien de temps. Vous voyez certainement le genre !

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