Geisha


Read / dimanche, janvier 19th, 2014

Au départ, j’exigeais une couverture avec le visage de Zhang Ziyi, L’actrice chinoise qui a interprété le rôle lors de l’adaptation de Memoirs of a geisha au cinéma en 2005. Ceux qui ont vu le film comprendront comment la révélation de ses yeux curieusement bleu-gris et qui rappellent la pluie est significative. Mais au fil de ma lecture, je m’attachais plus à cette bouche rouge sur ce visage blanc, qui rappellent tous les deux selon Hemingway du sang sur une surface de neige.

De son nom de personnage, Sayuri, une ancienne geisha formée selon la tradition et apparentant aux 50 grandes geishas du Japon, rencontre l’auteur à New York et n’hésite pas à lui raconter sa vie. A travers Memoirs of a Geisha, Arthur Golden, diplômé en Art et l’histoire du Japon a eu le mérite de nous y transporter à l’époque d’avant et d’après la Seconde Guerre, à travers des yeux bleu-gris qui racontent l’existence de cette jeune fille dans tous ses détails, sans tabou ni gêne, dans un style à la fois drôle et profond. Le recueil est sorti en 1997, et vendu à plus de 4 millions d’exemplaires  en langue anglaise et traduit en 32 langues.

Chiyo (qui devient Sayuri), vendue dès l’âge de 9 ans à une tenancière d’une Okiya, elle commence sa vie à Kyoto, dans le quartier de Gion -là où cette tradition est la plus évoluée- fait ses débuts comme servante avant de devenir une geisha. Loin du cliché occidental dévalorisant, ces femmes de compagnie, ne sont pas des prostituées. Le livre décrit ces dernières, comme leurs sœurs de moindre classe. Formées à différents arts japonais – Le Gei de Geisha signifie « art » – et exerçant leurs métiers dans des maisons de thé, ces femmes ont le raffinement des fleurs et le détail du peintre. Interprétant des danses classiques, jouant aux divers instruments de musique, contant des histoires ou seulement servant du Saké ou du thé aux hommes de multiples classes, les geishas ont l’art d’être des femmes !

Dans leur combat de survivre et de déjouer le hasard – on ne cesse de rappeler qu’on ne le devient pas parce qu’on le désire, mais parce qu’on n’a pas le choix- le roman nous révèle comment les japonais en général sont attachés à leurs superstitions, consultent constamment les almanachs, croient intimement aux liens karmiques, et trouvent toujours une interprétation liés aux cinq éléments de la vie…

Un examen du succès et de l’échec, de la bonté et de la haine dans une seule communauté, Geisha accroche dès les premières lignes et comme cadeau, il est fait dans un style amusant avec beaucoup d’images ! Pour les personnes que le Japon, antique ou contemporain, attirent, elles trouveront dans ce roman un beau paradis.

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