Génération #Hashtag

Génération #Hashtag

Partout où l’on va, le mot clé est SLEFIE.

Apparemment, ce Hashtag a été utilisé plus de 62 millions de fois en 2014, ce qui lui a valu l’entrée officielle au Larousse en 2016, tandis que les dictionnaires d’Oxford l’ont déjà défini en 2013 comme « une photographie prise de soi-même, en général avec un Smartphone ou une webcam et téléchargée sur les réseaux sociaux ».

The first ever Selfie Robert CorneliusToutefois, l’usage de cette technique est plus ancien au recours sauvage que connaissent les médias, et bien avant que les grands opérateurs de la téléphonie ne dotent les Smartphones de caméras à double optique. Le premier autoportrait de l’histoire daterait de 1839, pris par le chimiste et amateur de la photographie Robert Cornelius. On irait même à croire que c’est la toute première photographie du monde !

Ainsi donc, la vantardise de notre siècle n’est pas justifiée : il n’a rien inventé du tout. Il a tout simplement :

  • Fait du téléphone (plus Smart que son propriétaire) le meilleur animal de compagnie de l’homme, avec en surplus un aspect duveteux d’une peluche que l’on pourrait lui procurer avec coques personnalisées ;
  • Détruit les liens sociaux entre les gens, isolé les parents de leurs enfants, les adolescents de leurs parents et chaque ami flotte seul dans sa bulle virtuelle même lors d’une sortie en groupe !
  • Déformé la réalité des gens (et leurs vies), qui incités par leur narcissisme et leur quête éperdue de beauté, de jeunesse et de sveltesse, font subir à leurs visages et corps les épreuves de moult filtres, au point de ne plus reconnaitre des fois le vrai portrait du cliché partagé au-devant d’une scène focalisée sur l’approbation sociale basée sur le nombre de vues et de likes.

Ce n’est pas la vraie vie ! Comme le  rappelle la starlette australienne des réseaux sociaux Essena O’Neil, dont seul le compte Instagram comptabilisait plus de 700 000 abonnés.

Il faut savoir à quel point tout est faux ! expliquait-elle -en pleurs- avant de supprimer du jour au lendemain l’ensemble de ses comptes non sans en dévoiler les coulisses peu flatteuses.

En ce qui me concerne je ne me rappelle plus à quand remonte mon premier autoportrait (jamais publié nulle part, ce qui ne fait pas de lui  un Selfie proprement parlé!). Probablement par imitation, probablement pour mettre en avant une tenue, etc. Je fais partie des personnes qui ne peuvent s’en passer, se compensent en disant que quand même il serait utile de convertir les technologies pour rapprocher, même s’il s’agirait de montrer une face déformée par la fatigue, l’insomnie ou une coupure…

Sauf que maintenant où ceux qui prennent part à la séduction de ce miroir aux alouettes, savent qu’il n’est pas seulement question de « ventre plat » ou du « parfait visage ». Dans cette grande plateforme de partage, on sert une grasse matière à plaire à tous les goûts. Les gens prennent des photos ici et là, de tout et de rien : il est question de mode, de webmarketing, de livres, de lieux, et (j’ai failli oublier !) de ces tourtereaux agaçants qui ne cessent de se photographier en balade, main dans la main renouvelant à chaque fois que l’occasion le permet leurs vœux d’amour (Jalousie quand tu nous tiens !)

Et il y a la cuisine !

Vous y trouverez tout ce qui s’ingurgite. Des plats servis en restaurant, des recettes préparées par autrui, des gourmandises apportées de chez le pâtissier du coin, et ceux préparés chez soi. Et ces justement ces vrais cordons bleus dont la main (aux fourneaux) et l’œil (en objectif) qui trônent au royaume de la foodporn!

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