Glace de feu


Read / mardi, décembre 10th, 2019

S’il s’était agi d’une diffusion audiovisuelle, on aurait apprécié le déroulement d’intrigues enchevêtrées et parallèles à travers un parfait split-screen, dans le style de la série 24H Chrono. Le déroulement en « temps réel » d’un si grand nombre de péripéties, donnant le coup d’envoi aux aventures de ce thriller est une marque de maitrise littéraire chez Clive Cussler, un romancier que je découvre pour la première fois.

Connu comme un auteur d’aventures à succès, le numéro 1 d’après certains, le moins que l’on puisse dire sur Clive Cussler est qu’il est « prolifique ». Je ne saurais compter le nombre exact de ses œuvres, dont les plus célèbres Renflouez le Titanic et Sahara, mettant en scène Dirk Pitt comme personnage principal, ont été adaptées au cinéma.

Glace de feu, coécrit avec Paul Kemprecos, sorti en 2002, fait partie d’une autre série. Dans les Dossiers de la NUMA, (National Underwater and Marine Agency = Agence nationale maritime et sous-marine), dont l’auteur est le président, nous marchons sur les pas de son héros Kurt Austin, formant avec son réseau de professionnels une équipe de Missions Spéciales.

Dans ce thriller sous-marin de 508 pages, Autsin a tout du héros étasunien qui met hors d’état de nuire les ennemis de l’Amérique et de l’humanité. C’est dans des circonstances particulières, que l’ancien agent de la CIA, se voit mêler à une sombre affaire. Le devoir le pousse à contrecarrer les projets paranoïaques d’un milliardaire russe, Mikhail Rasov, souhaitant à la fois mettre la main sur les réserves fossiles les plus prometteuses du monde, ébranler la sécurité nationale des états-unis et redonner à la Mère Russie sa « pureté originale ».

Le roman, mêlant secrets d’Histoire, océanologie, informatique, politique, évoque deux sujets polémiques dont j’ai lu le développement précédemment: 1) Les femmes Romanov survivantes à la révolution russe, et 2) le réchauffement intentionnel des eaux de la terre dans le but de libérer les richesses souterraines.

– Tout ce qui touche Ataman est plus ou moins occulte. Le capitalisme russe est encore à l’état sauvage. Nous n’avons pas toutes les lois que possède votre pays sur l’information aux actionnaires. Je doute que cela change grand-chose, de toute façon. Avec les milliers de personnes qu’emploie Ataman, il est très difficile de garder un secret. Ataman a réuni une flotte entière de vaisseaux monstrueux, dans le but de les utiliser pour l’extraction de la « glace de feu ».

– La glace de feu ? s’étonna Gamay.

– C’est le terme choisi pour l’hydrate de méthane, un composé du méthane, expliqua Paul. Le sol marin du monde entier abrite des poches de cette substance. On dirait de la neige glacée, mais inflammable. P. 202

Ça serait mal de nier les qualités de l’œuvre d’un auteur dont la bibliographie imposante fait fureur, pourtant j’ai le droit de ne pas apprécier son sens d’humour qui ne m’a pas fait rire, ainsi que son récit digne d’un scénario hollywoodien vendant la supériorité du cerveau, de la beauté, du goût, de la politique, de l’armement américain, etc.

Sinon, si les débuts de Glace de feu furent pénibles avant de pouvoir rassembler tous les éléments du puzzle, il fournit suffisamment de suspense et de rebondissements en nous faisant évader tantôt à bord de sous-marins, de chalutiers, d’hélicoptères ou yacht de luxe… en Mer Noire, en Atlantique, à la maison blanche, à Moscou ou à Istanbul…

Il a également le mérite de nous faire découvrir la réalité scientifique par rapport au méthane, puissant gaz à effet de serre, dont le dégazage contribue à augmenter la température globale, provoquer une déstabilisation des fonds marins, évacuer des bouffées du gaz et engendrer par les glissements de terre des tsunamis.

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