Goûter à l’amour

Goûter à l’amour

Dans la vie de tous les jours et en matière d’amour, nos expressions sont loin d’être exubérantes pour exprimer ce que nous ressentons d’intense, de positif, de pur, de gratifiant. Ce qu’au sens des écrivains, historiens, philosophes ou même scientifiques, passe par le plus vital, le plus inaugural dans une existence (comme l’on peut lire à l’avant-propos de Je t’aime à la philo d’Olivia Gazalé) ; ce qui donne sens à ce monde en laideur.

 d’Olivia Gazalé) ; ce qui donne sens à ce monde en laideur.

En d’autres mots, ce sentiment d’indulgence, cet attachement profond qui pousse à vouloir du bien ; cette attirance « physique » ou « mentale » que l’on éprouve et delaquelle découle béatitude et identification aux goûts et préférences de l’autre. Tandis que les plus réservés et les moins expressifs jouissent du confort du virtuel pour « se lâcher » carrément. Une aisance digitale qui en dit long sur nos notre tendance à réprimer nos émotions. 

C’est penser que les différences culturelles et le poids social agissent des fois à l’encontre d’une liberté émotionnelle spontanée, consistant à donner et accueillir des sentiments chatouillant le cœur et parlant à l’âme.

C’est là où ritualiser l’amour prend toute sa signification.

La dynamique de l’univers entier fonctionne en répondant à des lois dont la première est celle d’aimer. C’est plus qu’un sentiment, c’est une énergie vibratoire, c’est une force reliant les atomes dans une molécule, clouant le fer à l’aimant, dirigeant le tournesol vers le soleil…

Et si les bêtes que nous décrivons de « sauvages » élisent le printemps, au réveil de la nature pour se lancer dans les plus démonstratives et surprenantes parades nuptiales, le genre humain presque partout autour du monde le fête différemment.

L’amour est le miracle de la civilisation. Stendhal

Il existe plusieurs types d’amour. On distinguait dans la Grèce antique celui fusionnel familial, amical, intime et divin. Même dans une relation à deux, ce sentiment a plusieurs visages et rien n’empêche une personne de les découvrir tous durant sa vie, voire les ressentir tous à la fois.

On a tendance à penser en premier à la passion romantique, oubliant qu’historiquement la Saint-Valentin (la fête la plus populaire, d’abord païenne puis christianisée) était surtout une fête de célibataires et non de couples ; sauf que les pratiques ont longtemps confirmé cette fausse idée que cette période de l’année fait le bonheur de certains et l’isolement d’autres.

C’est à ce propos qu’il faut rappeler que proprement parlant, il s’agissait de fête, de festival. Chez nous, au Maroc, nous avons le Moussem d’Imilchil, le festival des fiancés et des mariages, qui a lieu Septembre, en l’honneur d’un amour légendaire d’Isli et Tislit, nos Roméo et Juliette à nous. Pour dire que l’évènement est au cœur de la vie sociale des gens, et dans le rêve d’une société plus chaleureuse, plus humaine et fraternelle, l’essentiel est de saisir l’occasion pour relancer une machine qui ne fonctionne pas forcément bien durant toute l’année.

Ceux qui stigmatisent la fête, en prétendant que chez eux c’est tous les jours, le célèbrent en réalité moins que les autres.

Tous les couples agissent différemment et personne n’est obligée de faire comme l’autre, ni à la même date que les autres. Si les fleurs, les cartes, les chocolats et les dîners fonctionnent pour certains – sans se laisser prendre par le piège commercial – être plus dans l’attention pour d’autres est convaincant par soi.

On connait tous l’adorable ourson de Disney, Winnie. Figurez-vous, que ce petit personnage naïf, gourmand amateur de miel, évoluant dans un monde imaginaire, la Forêt des Rêves bleus, pourrait bien nous apprendre certaines vérités instinctives, simples et pourtant vraies sur l’amour. Et vous savez ce qu’il a dit à ce propos ?

« Un peu de considération et d’attention aux autres fait toute la différence ».

Les occasions sont nombreuses pour ne pas se sentir seul, pour se recueillir et se retrouver en groupe d’amis ou en famille, avec nos parents, notre fratrie ou enfants. Par habitude et passivité, nous ne donnons pas assez de place aux sentiments dans nos rapports quotidiens ; à s’étonner de voir certains démontrer aisément de l’affection envers leurs animaux de compagnie plus qu’envers leurs proches. La félicité repose parfois sur un simple geste doux, un câlin sincère, un tendre mot, tous des acted libérateurs de toxicités et si puissants au point de nous être rendu naturellement un jour comme un retour de flamme gratifiant.

Et on ne le dira jamais assez, si je veux être aimé, je dois m’aimer d’abord : je me livrais presque chaque année à cet exercice et il m’a fallu quelques minutes pour réaliser que je regarderai d’un nouvel œil la fougue amoureuse à partir d’aujourd’hui.

S’aimer soi-même, c’est l’assurance d’une longue histoire d’amour. Oscar Wilde

J’écrirai de ce fait à moi au même titre qu’aux personnes que j’aime des cartes, où je révélerai tout l’amour que je mérite et les remercier d’être présents dans ma vie. Et si je citerai à nouveau Winnie The pooh, je dirais : « J’ai de la chance d’avoir quelqu’un qui fait que ce soit vraiment difficile de dire adieu ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *