My World To You

Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

Image et recadrage

mains-papa

En mai, il pleut encore des cordes et pas le moindre rayon du soleil ne nous parvienne. Etrangement, Les jours que je vis sont tout aussi pathétiques que le temps qu’il fait. Une existence où le printemps de l’âge est accompagné d’orages, n’est pas une vie, mais une succession de jours survécus.

Je me bats chaque jour pour préserver le minime droit de m’exprimer, alors que d’autres abondent en discours ; de sortir de l’ombre où d’autres veulent m’enfouir, alors que certains luisent sous de fades lumières…ce sont des combats dont je sortirais gagnante, mais à la fois vaincue : si petits qu’ils sont, j’aurais aimé ne pas avoir à les engager. L’énergie que j’y investis aurait pu servir à plus de subtilité. Actives qu’elles paraissent, mes démarches ne s’éloignent pas encore de la passivité.

Dans les milieux pourris où j’opère, je me vois chaque seconde rater ma vie et les exemples que je croise ne sont pas plus rassurants. Un ami me parlait souvent de l’infrastructure sociale des rencontres. J’étendrais volontiers le concept et croirais à l’absence de celle professionnelle. Je rate ma vie, parce que sa courbe est ennuyeusement constante !

Dernièrement, j’ai félicité plusieurs personnes d’heureuses naissances qu’ont connu leur foyer, mais sans réellement que cela ne fasse naître chez moi ce sentiment de jalousie. Parce que, oui je l’avoue, généralement je suis jalouse des réussites d’autrui quand j’évalue les miennes. Peut être, parce que ces naissances n’étaient pour moi que de nouvelles âmes qui seraient, prochainement, recensées et non un certificat de bonheur en soi. Ces couples ont décidé d’avoir des enfants, parce qu’il en est toujours ainsi après une année, deux ou moins encore de mariage ; parce qu’on ne vit pas pleinement cette complicité pour penser qu’on la sacrifie par une nouvelle venue, qu’elle soit préparée ou non.

Sauf, une seule, particulière. L’enfant devrait avoir 4 ou 5 ans, et sa vue m’a plutôt troublée. Il est clair que là, j’étais jalouse !

Ce n’est pas une maternité précocement éveillée chez moi, mais cette photo que j’ai vue a fait remonter à mes paupières des larmes. Ce petit cœur rouge déclarant un « je t’aime papa » si amoureusement dessiné m’a fait revenir sur certaines zones d’ombre dans ma vie et m’y a longuement arrêtée.

Cette photo puérile, m’était d’une grande sagesse. Entre deux battements de cil où je l’aperçus, je ne voyais plus cet homme du même regard. Je lui pardonnais son air hautain. Elle était le reflet d’un père qui soit aux petits soins pour les siens, et devant une telle vertu je ne pouvais que m’émouvoir.

Elle avait raison, cette Miss Georgina (de Miss Conception), de ne pas vouloir uniquement du sperme, mais un bébé. Moi, je ne veux même pas concevoir de bébé. Je veux rencontrer celui qui fertiliserait mon esprit de vouloir, fièrement, un bébé… de lui.

Safaa White

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