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Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

Inexorable

C’est ma deuxième lecture de Claire Favan après Les Cicatrises qui m’a si bien secouée.

Sorti en 2019, Inexorable préfacé par le fils de l’écrivaine elle-même, avec des paroles sincères et percutantes, annonce les couleurs dès le début sur et contre une réalité stéréotypée d’un système harcelant envers des enfants qui se comportement différemment de l’appréciation générale et qu’on punit de leurs différences.

Pour moi la différence, c’est lorsque même quand je n’avais rien fait, c’est toujours moi qu’on punissait. Et plus ils agissaient ainsi et plus je perdais le contrôle, et plus je leur donnais raison de le faire. Préface par Gabriel Favan

Le roman retrace à la fois le parcours d’un petit enfant et le combat quotidien d’une mère parsemé de sacrifices, de doutes, de craintes qui fait tout pour protéger son fils et le remettre sur le droit chemin.

Pendant des années, elle a accepté la honte l’apitoiement, la violence et le désespoir causés par leurs sentences, leurs condamnations et leur manque de remise en question. P. 134

Milo a vécu, à l’âge de quatre ans, le choc émotionnel de voir son père arrêté en pleine nuit par la police. Depuis, il a enchainé les crises de colère et d’agressivité, jusqu’à se voir coller l’étiquette éternelle du mauvais élève et de violent. A l’âge adulte, il se voit fréquemment rabaissé et ramené à ce qu’il y avait de pire en lui.

Dans une langue accessible ce livre de 378 pages pointe du doigt la société et l’école, incapables de faire la part des choses, qui ont tendance à fermer les yeux sur les différences et jeter des pierres à ceux qui sortent du moule, pour en faire des coupables désignés.

Il ne va pas prétendre qu’il n’était pas responsable du moins bon, mais quitter à passer pour un nul, il a fini par acter et par se laisser convaincre de l’inutilité d’insister. P. 183

Connue pour ses thrillers à la sauce américaine, Claire Favan a également réussi le défi de montrer combien les mauvais choix d’un parent peuvent façonner l’existence entière d’une personne à qui tout prédestinait à une vie du moins normale, et en l’entraînant dans leur succession tel les battements d’ailes d’un papillon vers l’irréparable. Une vie peut basculer suite à un seul événement irréversible.

L’histoire qui s’installe doucement devient rapidement captivante surtout au moment où ça prend formellement l’allure d’un polar quand Milo, à dix-huit ans, est désigné comme un tueur sériel.

Safaa White

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