Je vomis mon impuissance

Je vomis mon impuissance

Les battements de mon cœur s’accélèrent, mes tripes se tordent, les larmes me picotent les yeux et je vomis mon trop plein d’impuissance.

Mais pour le petit être, dévalorisé, battu, brûlé, violé, voire démembré sans défense, mes sentiments, bien qu’ils soient sincères, doivent moins le préoccuper.

Les vidéos choquantes qui font le tour des réseaux sociaux ou les informations livrées jour après jour sur les cas de maltraitance infantile sont d’une affreuse abjection, d’une noire exécrabilité que je me demande dans quel monde vivons-nous ? et jusqu’à quelles immondices l’âme humaine est capable de s’embourber encore ?

On est tombé bien bas que l’homme ne devrait pas prétendre rivaliser les animaux en sauvagerie, en souillure. Ces bêtes, dépourvues d’esprit et de réflexion, ne sont pas dangereuses et ne répondent après tout qu’à un seul instinct naturel. La survie. Elles n’agissent ni par haine, ni par vengeance. Elles sont tellement supérieures à l’homme qu’elles ne présentent pas le moindre complexe pathologique.

Or, il n’existe rien au monde qui justifie de maltraiter sans vergogne un enfant, lui infliger souffrances et s’aveugler sur ses douleurs et ses implorations

Le crime est horrible, le dégoût est tellement immense qu’ils placent cette vérité effarante au-delà de mes capacités d’analyse et de compréhension, et la qualité de mon article en souffre.

Je suis incapable de faire un tour d’horizon et aborder tous les aspects du problème. Ce n’est pas mon objectif. Les spécialistes emploient bien leur temps à analyser les contextes sociaux et les conséquences présentes et futures de ces traitements pour faire de tous ces faits divers un cas de société.

Ce que je souhaiterais par contre c’est avouer publiquement notre échec à tous. 

Nous nous tenons dans le silence, dans la peur, des fois dans l’insouciance, et nous nourrissons le souhait de voir les choses changer d’elles même. Nous sommes pris dans un cercle de répression où chacun, soumis, s’en prend au plus faible et l’enfant paie le prix de tout le système vicieux.

Je suis actuellement consciente que la dégradation morale de notre société est un fait, laissant ressortir l' »animal » chez ces créatures sans humanité; et engendrant une spirale de chaos dont il est impossible de se remettre.

Quel avenir osons-nous espérer pour cette nation, si les parents de demain sont traités si cruellement? Peu importe le type de maltraitance infligée à un enfant, elle altère à vie, sa santé physique et mentale.

Et où est l’Etat dans tout cela ?

Où se place l’ordre judiciaire pour prévenir, condamner et punir ?

C’est là où je voudrais élever ma voix, probablement partagée par plusieurs, sur l’obligation de sanctions strictes et sévères. Face à l’impunité, on continuera d’assister à des scènes de violence qui inspirent horreur et répugnance; tandis qu’ailleurs, des lois sont en train d’interdire et punir formellement… la fessée. 

Je ne dis pas l’incarcération. La prison n’est autre qu’un endroit à quatre murs où les contrevenants, quelque soient leurs crimes, continuent d’avoir accès aux soins de toutes natures. 

Si le système pénitentiaire se fixe comme but la réforme des condamnés, je trouve que c’est une pure illusion que d’attendre la moindre réhabilitation de ces prédateurs aux cœur noir et âme obscure.

Les mettre derrière les barreaux ne feraient d’eux que des bouches en plus à nourrir et nous savons combien les coûts de fonctionnement des prisons sont de plus en plus chers à nous autres contribuables.

C’est pourquoi je plaide pour appliquer automatiquement la peine capitale à toute personne responsable d’un tel acte odieux sans même s’interroger sur ce qu’en penseraient les défenseurs des Droits de l’homme.

Tout être humain a le droit au respect, la dignité et l’amour. Pourquoi la vie d’un être serait plus signifiante que l’autre? Ils méritent d’être traités comme ils ont traité, et pire encore, parce que l’exécution qui prendra quelques minutes n’équivaut pas les dégâts supportés par la victime en position de vulnérabilité.

8 réactions au sujet de « Je vomis mon impuissance »

  1. C’est tres parlant ton article et je vois que ca vient du plus profond de toi… je ne suis pas au fait de ce qui a circulé recemment dans les medias marocain, mais j ai cru comprendre qu’il y a eu un acte sordide a l’encontre d’un enfant qui s’est terminé par un drame. Mais sache Safaâ, que la maltraitance est un probleme tres tres complexe c est plusieurs facteurs et cause: environement familiale que ca soit les problemes individuels ou les problemes rencontré en tant que couple, l’environnement socio-culturel: des parents chomeurs, ou ayant des metiers devalorisant peuvent cherche parfois une place de force au sein de leur famille c’est une alternative pour trouver une place valorisante dans la société. Il y a aussi un facteur economique: l’instabilité, la precarité dans l’emploi et le salaire….donc c est plusieurs facteur imbriqués et complexes et qui sont parfois inter-relié. On assiste de nos jours a plusieurs forme de maltraitance, physique, psycologique, sexuelle, et la on commence a parler de negligeance grave qui entraine la mort ( je ne peux pas oublié la petite fille de 7 ans qui a perdu la vie par negligeance parentale, elle est restée sans nourriture ni eau pendant des jours dans sa chambre jusqu a ce qu elle s’eteigne ….) donc que faut il faire,? On n a pas la baguette magic pour que tout le monde vive bien certes, mais on peut creer des instances ou des organisme qui surveillent cela, qui sont toujours alertes pour deceler les signes de maltraitance, instaurer des antenes aux ecoles pour être a l’ecoute des enfants, eduquer la societé pour qu’elle soit prete a intervenir et reporter des voies de faits contre les mineures…… je ne pense pas que la peine capitale va regler le probleme, il faut creuser au bas fond du probleme…

    1. Bonsoir Houda,
      Un grand merci de lire et réagir.
      Au fait, il y a plusieurs cas on dirait contagieux… les vidéos qui circulent également pullulent.. et on ne sait plus si ça se passe chez nous ou ailleurs… peu importe puisque le crime est le même et les drames aussi.
      Je sais que le Maroc n’est pas un cas isolé, tout le monde tire la sonnette d’alarme parce qu’on recense de plus en plus de maltraitances. Sauf que nous sommes moins armés pour combattre le mal, ni instances d’accompagnement, ni assistance ni prise en charge prévue pour les victimes..
      J’ai cité la peine de mort dans sa forme répressive. Je sais que les causes sont nombreuses et le mal peut se faire au foyer, comme à l’école ou dans la rue… par les parents, les nourrices, les enseignants ou comme tout dernièrement un prisionnier libéré agissant sous l’effet de la drogue…
      Le sujet est épineux.. qui fait mal et nous révèle le mal qui menace chacun de nous.. car je pense que nous sommes arrivés à un stade d’insécurité où personne ne doit se sentir à l’abri… malheureusement!!

      1. Malheureusement oui, l’insecurité est partout, mais le mal est encore plus devastateur quand l’acte abominable est infligé par un parent, qui est sensé proteger l’enfant et le couver , il faudrait mettre en place beaucoup d’instances qui surveillent cela. Au Maroc il vont l’incarserer c’est sur, mais Ici au Canada pleins de coupables plaident la folie ou une pathologie d’ordre psychiatrique pour echaper a l’emprisonnement ou au chatiment, anyways … c est malheureux, et je le vois au dela d’un simple fait divers qui mediatisé pour une semaine ou deux par les medias, c’est un fleau social majeur …

        1. Tout à fait. C’est moral. Le pire c’est que ça se répercute sur les générations futures, parce que presque tous les parents qui battent étaient des enfants battus.

  2. Bonjour Safaa
    Très bon article qui relate la triste réalité d’une société qu’on a tout fait pour limiter sa pensée au logement santé … qui sont en fait des droits les plus élémentaires ! Je ne suis pas entrain de défendre le drame loin de la je suis tout à fait d accord avec toi pour appliquer la peine capitale et pour infliger les travaux forcés pour les autres qui sont logés nourries de nos poches. Mais je plaide pour une amélioration de la qualité de vie des marocains qui peut se répercuter positivement sur nos enfants. Et la je déplore le rôle de l État qui se limite uniquement au chiffres abstraction faite de tout ce qui est qualitatif. Mais la c’est une autre père de manche

    1. Bonjour Moncif,
      Merci de ton commentaire.
      L’Etat pense avoir délégué, indirectement, la résolution des problèmes sociaux auprès des organismes et associations motivés par le désir de soulager, autant qu’ils peuvent, le dos du marocain qui s’écroule sous tous les poids du quotidien..

  3. صفاء، مقال برؤية فذة كما عادتك
    ما نراه نتيجة مباشرة لمنظومة القيم في المجتمع و الفشل الذريع للمنظومة التعليمية.
    لا اريد الإطناب في التعليق حيث إن آلاف الصفحات و الأطروحات لن توفي ما وصلنا إليه من انحدار حقه..
    لا حول و لا قوة إا بالله

    1. بالفعل، إنما الأمم الأخلاق ما بقيت…
      فمحصلة افتقاد تلك القيم يؤدي حتما الى شيوع الفساد الأخلاقي و السياسي و الإجتماعي و انتشار الظلم و الفساد.
      و بالمقابل فالاهتمام بالبناء الأخلاقي للإنسان و حسن تربيته و الاعتناء بتوجيهه و تثقيفه يكفل للمجتمع و الأمة التماسك و التكافل و شيوع قيم الرحمة و يضمن لها النهوض اقتصاديا و سياسيا.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *