Kafka sur le rivage


Read / dimanche, mars 31st, 2019

Haruki Murakami fait partie des auteurs à caractère que je crains aborder, que je redoute lire, un peu comme Gabriel García Márquez par qui j’étais après complètement séduite, surtout si les internautes vous souhaitent une longue haleine pour arriver au bout de son œuvre.

Ici, à la différence de l’œuvre de Márquez, en cette occurrence L’Amour aux temps du Choléra, l’écrivain japonais le plus lu et le plus traduit à travers le monde, nous donne bien du fil à retordre pourtant ce dont a besoin le lecteur est un fil d’Ariane pour le guider en dehors d’un récit absurde et labyrinthique, intérieur et extérieur, de faits emboîtés des personnages, où le rêve et la réalité se confondent, les frontières entre le vrai et le faux s’évaporent et où tout est métaphore.

L’apport culturel de l’œuvre est enrichissant. Musique, peinture et notamment beaucoup de livres ont toutes leurs places.

Mythe d’Œdipe revisité

Kafka, un jeune adolescent de quinze ans, fait une fugue (sujet apparemment d’actualité au Japon), pour fuir une malédiction œdipienne proférée par son père ; il part aussi loin que le destin l’emmène en aspirant que son voyage soit porteur également de réponses.

Parallèlement, d’autres éléments constitutifs viennent compléter le puzzle : un coma collectif d’élèves pendant la Seconde Guerre, et l’énigmatique personnage de Nakata, un sympathique sexagénaire amnésique, communiquant avec les chats et provoquant inconsciemment certains évènements surnaturels (Pluies de poissons) ; ainsi que la disparition à l’âge de vingt ans d’un jeune universitaire.

Plusieurs récits s’intriquant les uns dans les autres, ce qui serait décidément une marque murakamienne comme l’est sans conteste le passage aux autres mondes.

La nécessité a une structure différente de la logique, de la morale ou de la signification. Sa fonction repose entièrement sur le rôle. Ce qui n’est pas indispensable n’a pas besoin d’exister. Ce qui a un rôle à jouer doit exister. C’est cela la dramaturgie. La logique, la morale ou la signification, quant à elles, n’ont pas d’existence en tant que telles, mais naissent d’interrelations.

P. 391

La vérité est ailleurs

Sans vouloir spoiler le dénouement, le génie de l’écrivain choisit de ne rien expliquer. Ce genre de dénouement qui rend le lecteur frustré et mal à l’aise.

Il conseille lui-même de lire plusieurs fois son livre pour se laisser guider par les faits à travers les interconnexions qui naissent entre eux. Finalement, on a envie de lire juste pour le plaisir de fantasmer et réfléchir. Le lecteur apprend alors à avancer sans chercher à comprendre le , le comment ou le quand. On atteint ce niveau de conviction culturelle un peu avant de l’achever et mettre de côté.

En fin de compte les questions sont partout, et l’étendue des possibilités est sans limites.

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