Kamouraska


Reading / lundi, mars 26th, 2018

Ce roman a été pour plusieurs semaines une véritable épreuve, de concentration, de digestion et de suspense conjugué à l’ennui, et si je l’ai fini c’est uniquement par respect à la personne qui me l’a donné, persuadée que découvrir la plume si talentueuse d’Anne Hébert me sera utile.

En effet, l’auteur a fait de nombreuses pièces d’un « miroir brisé » une excellente toile de fond, pour reproduire narrativement des faits historiques réellement passés, avec une maîtrise linguistique sans pareil et un génie descriptif inégal qui faisait de son livre, à l’époque (1970), une pierre blanche pour toutes les études littéraires, comparatistes ou pas.

C’est le récit d’un meurtre, que l’on sait imminent, mais dont les synopsis tardent à se révéler tellement il y a plus d’un pas entre le passé et le présent ; Mme Roland et Mme d’Aulnières ; songes et réalités  ; Sorel et Kamouraska… Dans les labyrinthes de sa mémoire traumatique, tout est matière à confusion, même l’avis du lecteur malmené durant tout le volume que l’auteur a dû réviser et en réduire les pages initiales au fur et à mesure.

Mme Roland est aux petits soins de son mari malade, beaucoup plus par angoisse de devenir, aux regards de la société du XIXe siècle, veuve pour la seconde fois que par amour. Leur union n’était autre qu’une réparation de réputation. En une nuit, les souvenirs pesant lourds, elle se remémore sa vie d’avant et les évènements d’il y a vingt ans défilent laissant des marques rouges dans la neige de sa mémoire.

Le temps ! le temps ! s’accumule sur moi. Me fait une armure de glace. Le silence s’étend en plaques neigeuses… Toutes les ramifications, les astuces, les tours et les détours de la mémoire n’aboutissent qu’à l’absence. P. 197

Au chevet de Jérôme Rolland, les tours et les détours de la mémoire mènent tous au manoir de Kamouraska.

Mariée très jeune à un seigneur, Elisabeth ne retrouve dans le manoir rien de ce dont rêvent les jeunes épouses. Personne vile et débauchée qu’est Antoine Tassy, il la répugne avec sa violence, ses aventures et ses folies destructrices. Elle retourne définitivement à Sorel, à sa résidence d’enfance, où elle s’éprend du docteur la soignant.

Grossesse, lointaine rancune, crainte de représailles, etc. pour les amants c’étaient des raisons légales pour tenter l’illégal. La neige, le froid et le lourd traineau tiré par un cheval noir étaient l’équipée de mort vers le Manoir. Mais, on n’assassine pas le seigneur de Kamouraska impunément…

Or, vous comprendrez, qu’en dépit de tous les éloges qui précèdent, le roman, trop lourd à mon goût, ne passait pas !

Et c’est tout ce que j’ai à dire de négatif ; car si vous aimez les histoires vertigineuses, accompagner les souvenirs kaléidoscopiques de l’héroïne, être au cœur d’un style et d’émotions tumultueuses fruits de la passion, la haine, la culpabilité et la vengeance… KAMOURASKA is the one !

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