La Confrérie des Eveillés

La Confrérie des Eveillés

Après le Périple de Baldassare, ceci est le 2ème roman – historique- qui me fait voyager en quête d’un livre, mystérieux, « le livre le plus important, jamais écrit pas un homme » et dont la recherche de ville en ville cause morts et menaces. Mais si les deux romans nous font agréablement vivre dans l’optimisme ou uniquement l’imagination que ces livres ont un jour existé (ou existent réellement), La Confrérie des Eveillés puise ses faits de l’histoire. Evènements, lieux et personnages, se sont réellement déroulés, ont existés et vécus aux mêmes périodes citées ici.

Ainsi, dès le début, Jacques Attali ouvre le bal avec une vision nostalgique du XIIe siècle, d’une Cordoue florissante, capitale d’un empire musulman, puissant certes, mais tolérant, où musulmans, chrétiens et juifs se côtoyaient et où les trois religions se lisaient, se respectaient et dialoguaient. Une charmante idée qui nous berce –non sans un pincement au cœur- au bout de cinq chapitres, depuis le voyage d’une Cordoue musulmane, une Tolède chrétienne jusqu’à l’arrivée à un carrefour religieux qu’était la ville de Fès.

L’auteur fait croiser et recroiser les chemins de deux jeunes andalous, Ibn Rushd et Moshé ben Maymun. Menacés et condamnés à l’exil, soit respectivement, pour des théologies hérétiques ou une confession judaïque, ils se voient imputer, la mission de chercher, séparément, le Traité de l’Eternité Absolue, fruit, parait-il, des pensées d’Aristote sur toutes les questions philosophiques et intellectuelles de l’univers. En aucun moment de leur chasse au secret, les deux cordouans ne tergiversent : tous deux devenus médecins et philosophes, Averroès et Maimonide continuent de s’exprimer ouvertement, plaidant que la foi n’a rien à craindre de la science et que la religion n’est pas ennemie de la raison ; que les pensées sur la vérité scientifique n’excluent pas Dieu, au contraire permettent de connaitre mieux Sa perfection. Que l’Islam et le Judaïsme sont les deux parfaits monothéismes !

Un jour tu verras ce qu’est le véritable extrémisme, celui qui tue avant même de laisser le temps de penser. Page 103

La belle plume de l’écrivain, fait du grand penseur grec non seulement « le prophète des philosophes » mais un « Prophète » tout court et fait croire – et nous le croyons !- que son livre soit la Révélation de la Voie et ainsi un livre précieux, défendu par le sang par les membres secrets d’une Confrérie clandestine.

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