The Happy End


Think / mercredi, avril 25th, 2018
Il n’avait pas tort celui qui a dit : la mort nous sourit tous, il faut savoir sourire à sa mort.
La mort était particulièrement présente autour de moi ces derniers temps.

La disparition de toutes ces personnes, parmi elles ne faisant pas
nécessairement partie de mon entourage, m’a bouleversée, dans le sens
d’imposer longtemps le sujet au cœur de mon quotidien.

Un sujet, philosophique, que j’avais toujours évoqué, ici, moins
philosophiquement. Des fois de passage, d’autres plus longuement, je
me posais toutes les questions possibles et décortiquais la chose
d’une façon, je l’avoue plus émotionnelle que spirituelle.

Maintenant, toutes ces pertes m’ont poussée à méditer à nouveau la question, et la réflexion m’a aidée à porter un autre regard sur la plus pénible
leçon de vie, qu’est la mort.

Pour ne pas faire du présent article une reprise lancinante de toutes
les citations recueillies, je partage de but en blanc avec vous deux personnelles
convictions conductrices à une grande paix intérieure.

Déjà, plus rien n’a de valeur à mes yeux. Professionnellement comme
socialement, rien ne maintient l’étincelle qu’il faut pour venir à
bout de ses projets.

Moins attachée aux choses matérielles, j’épure autour de moi autant
que je peux et si l’occasion se présente pour désencombrer, je débarrasse mon intérieur et mon esprit du superflu sans
hésiter : j’aspire plus à une vie simple, moins connectée, avec moins
de nocivités, loin des mascarades, des conflits vains, des combats
artificiels, des discussions stériles… sans l’illusion du rêve humain
où l’ambition de la bêtise humaine a piétiné toute humanité !

Je ne vise pas l’ascétisme.

Cela suppose un travail acharné sur soi, dont je suis bien loin. Mais
faire de la pensée de l’ultime départ un leitmotiv constant me prouve
que je suis probablement sur le bon chemin.
La mort n’est ni aveugle, ni injuste.
C’est le cheminement normal d’une présence sur terre.
Fort, beau, jeune, personne n’imagine la mort sur le perron… pourtant,
c’est la seule destination que tout le monde va partager…
Certes, chacun de nous en a ressenti de la peur, au moins une fois
dans sa vie… cette peur qui nous envahit, cette émotion qui nous
étrangle, nous empêche de savourer l’instant présent, nous laisse
tourner un œil de regret sur nos enfants… est causée par la
séparation.
Le coup inéluctable et la réalité qui font très mal
creusent un gouffre profond et ténébreux qui se nourrit de souvenirs,
où tombent liés les âmes et les corps des survivants.
Mais Dieu, Le Miséricordieux, Le Clément, Le Bon, laisse installer le
baume de l’oubli au service de la survie.
Aussi, la miséricorde divine dans toutes les doctrines religieuses
monothéistes incitent à croire à la résurrection, dans laquelle on
pourrait voir une autre issue : la mort n’est pas la fin.
C’est-à-dire, qu’après l’arrêt médical du fonctionnement des organes,
la mise en cercueil et l’enterrement, il existe la promesse de
l’immortalité pour des âmes mortelles ; c’est le billet de voyage vers
une vie d’après la vie, où il existe une justice Supérieure à celle
des hommes, où l’on récolte le fruit de nos actes dans l’immensité des
jardins parfumés. Un monde idéal où Dieu proclame : « Ma miséricorde
sera toujours plus forte que ma colère ».
Est-ce que cela aiderait à traverser l’épreuve déchirante de la
séparation moins péniblement ?
Je l’ignore.
Des fois, la souffrance est tellement intense que tout raisonnement se dissipe.
Mais la vie continue malgré tout, et j’estime qu’employer son temps
alloué sur terre à étudier astucieusement nos actes : Ont-ils assez
d’amour pour l’autre ? suffisamment de bonté pour le proche ? Moins de
jugements et plus d’indulgence pour l’étranger ?, etc. nous aide, au
milieu de toutes les absurdités qui nous environnent, à redevenir
humain, à ce que nos brèves vies soient profitables à d’autres.

 Parce que finalement, tout ce que nous faisons dans la vie résonne dans l’éternité.

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