La fille du Capitaine

La fille du Capitaine

Pouchkine.

Considéré comme le plus grand écrivain et poète de son époque (les grands auteurs russes disent lui devoir tout) ; mort dans des conditions dramatiques à 37 ans (l’âge des artistes au moment du décès m’intéresse toujours particulièrement – comme quoi si l’on est destiné à faire de grandes choses, même une courte existence suffit pour les réaliser) ; écrivant en russe et en français (à 10 ans il avait déjà lu Voltaire et Molière), cultivant toute sa vie un bilinguisme parfait qui lui vaut le surnom de Fransouz (le Français)…

Voici bien un écrivain légendaire que je souhaitais découvrir.

Dans ce roman historique, la fille du Capitaine paru en 1836, Alexandre Pouchkine prend pour toile de fond l’insurrection du cosaque Emelian Pougatchev commencée en 1773, secouant plusieurs territoires de l’empire russe jusqu’à sa défaite et son exécution.

Se documentant sur cette révolte, son chef et ses batailles, l’écrivain présente dans son œuvre des faits historiques ainsi que romanesques, sous la narration sobre et sans artifice du jeune soldat Piotr Andréitch, se trouvant mêlé à cet épisode de l’histoire sous plusieurs aspects : rencontrant Pougatchev dans des conditions précédant son service militaire, il le peint capable d’humanité et d’amitié et rendant justice.

L’occasion pour déceler presque une admiration discrète de l’écrivain, lui-même exilé pour ses écrits contestant le despotisme tsariste, envers un homme s’entourant de moujiks, de criminels s’évadant des mines sibériennes, des déserteurs de l’armée.

On croyait que l’aveu de l’accusé était indispensable à la condamnation, idée non seulement déraisonnable, mais contraire au plus simple bon sens en matière juridique ; car, si le déni de l’accusé ne s’accepte pas comme preuve de son innocence, l’aveu qu’on lui arrache doit encore moins servir de preuve de sa culpabilité.

L’on peut sentir que Pouchkine fait du servage son 2ème thème, s’étant renforcé vers la fin du XVIIIe siècle, ou plutôt son sujet principal tellement il excelle à donner la parole aux hommes du peuple, dans le personnage du précepteur Savéliitch, esclave soumis à son maître.

Les différences des classes, et par conséquent l’amour contrarié des deux jeunes personnages (Maria, quoiqu’elle donne au roman son titre, n’y apparait que pour faire briller le portrait du jeune soldat, le héros fidèle, chevaleresque, généreux et se battant en duel pour sa bien aimée comme serait le sort de l’écrivain lui-même, tué en duel pour sa femme) font également débat dans cet agréable récit d’aventures et de panorama social et politique facile à lire.

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