La fille du train

La fille du train

Ça remonte à quand la dernière fois qu’un livre m’a tenu réveillée jusqu’à 01h30? Ça doit faire partie d’une autre vie. Et pourtant hier, bien même que ma volonté de finir ma lecture avant d’aller me coucher soit forte, le livre en lui-même était « addictif », comme en témoignent tous les magazines. En effet, l’intrigue est remarquablement puissante. Evoluant dans une sombre ambiance, elle ne vous lâche pas !

Ce premier thriller de Paula Hawkins, « hypnotique » et « psychologique » offre au lecteur une grande tension conjuguée au suspense et à l’action, le tenant en haleine au même degré que la protagoniste elle-même. Parce que, quoique l’histoire soit racontée brillamment par trois femmes, chacune dans son coin, se battant avec ses propres démons, mais c’est Rachel, la fille du train, qui fait la colonne vertébrale de l’histoire.

Dans ses allers-retours depuis Ashbury vers Londres, elle fantasme sur un couple vu par la fenêtre de sa voiture quand le train s’arrête deux fois par jour devant leur maison victorienne. Sans avoir une idée des personnes qu’elles peuvent être en réalité, elle leur imagine des noms, des métiers, des passions et un bonheur. Contrairement à elle : divorcée, stérile, alcoolique et sans emploi, Rachel s’accroche tellement à ses visions que quand elle aperçoit quelque chose, elle passe de spectatrice à actrice. Et c’est ici, mêlant rêve et réalité, souvenirs et trous noirs, que sa vie bascule. Elle tombe, s’accroche, se relève, sombre encore plus dans le néant… mais ne laisse pas tomber. Une course persévérante à la recherche d’indices et de pistes.

Le vide : voilà bien une chose que je comprends. Je commence à croire qu’il n’y a rien à faire pour le réparer. C’est ce que m’ont appris mes séances de psy : les manques dans ma vie seront éternels. Il faut grandir autour d’eux, comme les racines d’un arbre autour d’un bloc de béton; on se façonne malgré les creux.

L’œuvre ne manque pas de rebondissements et je salue l’auteure pour la sophistication des portraits qui ne faillissent pas à leurs traits de caractère. Elle met en exergue également et tout au long du roman, les problèmes liés à l’alcoolisme : financier, relationnel, professionnel et bien entendu de santé. On se prend de pitié pour Rachel qui ne sait plus, au milieu de ses souvenirs flous et l’absence totale de souvenirs, si elle a commis un meurtre ou pas.

Il m’a fallu une journée pour le dévorer d’une traite (capable de regarder maintenant son adaptation) et je n’en suis que contente. Contente de l’avoir lu aussitôt acheté (ça doit être toujours ainsi, pour finir avec l’ampleur que prend désespérément ma PAL ne sachant par quoi enchaîner). Contente de faire à présent partie de ces 20 millions et plus de lecteurs conquis par un roman qui, je pense dans l’avenir, sera parmi les must read !

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