La fin du monde


Think / mercredi, mai 11th, 2011

Avant d’intégrer la structure où je suis actuellement, j’ai eu des visions, et moi je suis rarement prémonitoire. Mais j’avais ces visions, et par deux reprises, que j’ai passé la première fois à creuser dans mes souvenirs d’écolière l’image de ce bâtiment où je me voyais passer mon concours, et la deuxième à me rappeler le visage de cet homme qui me demandait, lors d’une entrevue, d’analyser ce schéma. Qu’une fois dedans, et tenant la parole, je restai cimentée sur place (je ne perdais pas pour autant la voix, autrement comment aurais-je fais pour le décrocher ? 🙂 ).

Je dis cela, parce que dans mes interrogatoires infinies du « qu’est ce que je fais ici ? » je me dis que j’y étais peut être destinée. Que mon parcours était dessiné et que je devais m’y retrouver pour une raison qui ne tarderait pas à s’afficher. Sauf que je ne m’y retrouve pas ! Qu’au bout de quatre ans je n’étais satisfaite que deux fois.

Au lieu de me lamenter, les pratiques j’ai beau vouloir les réinventer, ou m’y acclimater ; les oppositions j’ai tant voulu les apprivoiser ; ça ne marchait pas. L’initiative ce n’est pas ce qui est applaudie, ni l’ambition louée. Si au moins, je pouvais traiter avec des gens de la même qualité de ceux qui m’ont épatée, notre équipe aurait été des plus enviables. Mon dévouement est sans limites et je suis là, sérieusement présente et opérante. Or, ils s’aveuglent devant de telles qualités.

Imaginons seulement le monde, tout le monde, rongé par des tumeurs malignes. Imaginons le monde allant droit vers sa fin, mais cette fois ci sachant précisément son heure. Personne ne chercherait à avoir le plus raison, à tenir la tête aux autres, en sacrifiant son bonheur. On chercherait tout simplement à mourir heureux.

Imaginons un instant que je sois mourante. Moi, je passerais mon temps à dire des « je t’aime » aux personnes qui comptent pour moi ; je préparerais mes petites boites avec mes petites choses à léguer ; je me concentrerais sur ma Bucket List et vivrais le restant de mes jours à décrire les jours de cette femme qui meurt en accouchant et celle qui se culpabilise en couchant… le temps que je perdrais à faire ces choses, celles qui soient les dernières à faire ne serait pas perdu… Ai-je noté davantage de motivation et d’implication dans mon travail, ou encore défendre mon opinion dans un projet ?!! Nullement. Parce qu’en fin de compte, rien de tout ce la ne compte !

Je me porte agréablement aujourd’hui, mais à partir de demain, j’agoniserais.

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