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Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

La mère que je ne voudrais pas être

Ma mère est toujours malade. Je suis malade à mon tour. La grippe ce n’est pas ce que je réussis à combattre facilement, ni m’en protéger efficacement sans me retrouver après « terrassée ».

Si vous me lisez depuis des années, vous ne vous étonnerez pas de savoir que ça me dégoute qu’on s’aide peu ! Ça me dégoûte au point de vouloir, quitter la maison aussitôt rentrée. Et ce n’est pas seulement un souhait temporel, mais je pense sérieusement à une solution pour partir loin, très loin.

Voici un constat général que je me fais à travers mes journées et les journées des autres.

Une mère dans son lit de repos n’en a pas droit !

On râle à tort et à travers et on fait appel à elle, pour chercher une chemise égarée ou un pantalon non repassé. On vient la déranger parce que telle qu’elle les a fait habituer depuis toujours, elle est toujours là, et tomber comme ça malade, sans être à leurs petits soins les dépasse tout simplement. Comme j’ai dit, une super maman n’a pas droit au repos, hormis celui éternel peut être !

Je dis cela, au risque d’être lue par mes parents eux-mêmes, mais je dois dégonfler ce qui m’appesantit le cœur et la conscience. Les mamans de notre époque, ne sont pas la personne type à laquelle je voudrais ressembler. Et les maisonnées où commence à régner l’égoïsme et beaucoup de bruits, nous ne les avons pas choisies, pour y jouer un rôle muet et rêver du jour de les quitter. Ces enfants (je parle de tous les enfants, dans leurs carrures grandes et petites) ne sont pas les nôtres pour nous sentir obligés de les dorloter, autrement ! On n’est pas censés les servir ou accepter de veiller sur eux, comme fait tout simplement une mère. Elles se sont beaucoup sacrifiées pour nous. Et si des fois nous (mes amies et moi-même) faisons le contraire de ce que nous n’aimerions pas être, c’est uniquement dans le but de les aider et alléger, autant que nous pouvons ce fardeau que leur condition de mères au foyer n’a pas épargné !

Je ne voudrais pas ressembler aux communs de ces femmes et me voir priver des moyens de réaliser un rêve, petit qu’il soit ; accepter le moindre sous estime ou me délaisser, parce que conventionnellement, un enfant vient toujours en première position!

La femme qui adopte ce discours, se ment à elle-même ! Je ne voudrais jamais d’un enfant, dont la présence équivaudrait mon absence.

Certainement, la maternité est la chose la plus merveilleuse qu’il soit et qui pousse les mères à penser ce qui était avant la conception impensable, et adopter l’invraisemblable, et que dans ma situation, n’enfantant pas encore je n’arrive tout simplement pas à comprendre (Henry de Montherlant ne dit-il pas que la pire colère d’un père contre son fils est plus tendre que le tendre amour d’un fils pour son père?). Qu’après, je rirais de ce que je débite ici dans un moment de rage et de colère enfouis.

Mais comme à chaque jour s’incrémente notre volonté de changer, quitter les personnes que nous étions la veille pour d’autres bien meilleures le lendemain, je pense que ce souhait demeurera immuable jusqu’à me donner la matière pour prouver le contraire, et si c’est le cas, personne ne m’en voudra !

Mère et bébé

Safaa White

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