La mort


Think / lundi, juillet 5th, 2010

Cimetière en bosnie

« La Mort nous sourit tous, il faut savoir sourire à sa mort! » #Gladiator

Si je meurs, je ne saurai si on me pleurerait ou non ; si je meurs je ne saurai mesurer « éventuellement » le vide que je laisserai, je ne saurai si je leur manquerai et, à qui…je ne saurai qui hériterait de mes petites choses, mes petits secrets, mes petits souvenirs…

Si je meurs je ne serai plus rien, je m’effacerai et on conjuguera mes verbes, la minute qui suit au passé comme si je n’ai jamais existé…

Je ne pourrais simuler, jeter quelques regards furtifs et partir le cœur net ou alourdi…

Dans mes essais littéraires, j’évoque souvent la mort. Ou plutôt j’en fais toujours le point de départ.

La perte et l’absence sont des libérateurs de malheurs, de léthargie et de troubles.

Ils sont, avec du recul, des leçons de morale qui nous poussent à réfléchir et changer bien de résolutions, qu’on croyait immuables.

Certaines morts, sont enviables, où je ne pleure pas. Ou exactement, je ne LES pleure pas, plus que je ne Me pleure. Certains vides demeurent témoins de grandeurs. Plus la présence était énorme, plus la non-présence cède la place aux gouffres insondables. « Tu as un grand nom, il lui faudra tuer ton nom avant de te tuer ! »

Dans mon petit cercle familial, je n’ai connu que deux pertes. Mes deux grands parents. Je les pleurais – je ne me rappelle pas avoir pleuré enfant mon grand père- parce que les autres les pleuraient. Il est dans les funérailles cet état contagieux qui déchaine larmes et cris et assombrit les visages. Je me rappelle avoir vu dans la mort de ma grande mère, il y a six ans, une issue à ses luttes contre le mal, la paralysie et la dépendance ; j’en exprimais clairement l’idée et me retenais après par crainte qu’ils perçoivent mal ce que j’avançais.

Dans mes pensées, je n’arrête de porter le deuil : Celui qui m’enterre moi-même. Dans mes cauchemars, je me vois mourir et suis mes obsèques. Je vois les leurs et la mort devient tellement vivante que cela m’étrangle dans mon sommeil…

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