La Mystérieuse affaire de Styles


Read / mercredi, février 12th, 2020

Encore une autre affaire se déjouant des attentes et des suppositions du lecteur pris dans les rouages de l’aventure à énigme d’Agatha Christie.

C’est également l’occasion d’assister à l’entrée en scène de son détective fétiche. Décrit comme un petit bonhomme, doté d’une intelligence hors pair, d’une méticulosité maniaque, élégant et raffiné, observateur et logique, Hercule Poirot est le personnage qui marquera l’identité narrative de la majeure partie de l’œuvre Agatha Christie.

Poirot était un homme au physique extraordinaire. Malgré son petit mètre soixante-deux, il était l’image même de la dignité. Son crâne affectait une forme ovoïde, et il tenait toujours la tête légèrement penchée de côté. Sa moustache cirée, lui conférait un air martial. Le soin qu’il apportait à sa tenue était presque incroyable, et je suis enclin à penser qu’il aurait souffert davantage d’un grain de poussière sur ses vêtements que d’une blessure par balle. Pourtant ce petit homme original, ce parfait dandy […] avait été en son temps l’un des plus fameux inspecteurs de la police belge. Doué d’un flair prodigieux, il s’était en effet illustré en élucidant les cas les plus mystérieux de son époque. P. 20

Agée alors de 27 ans, la romancière écrit en 1917 ce premier roman où elle dévoile son habileté à tenir les ficelles de son jeu narratif et s’impose dans le monde de la littérature noire avec une écriture haletante capable de faire mouvoir plusieurs personnages dans une atmosphère anxiogène où pratiquement tout le monde est suspect.

Largement inspirée par le personnage Sherlock Holmes d’Arthur Conan Doyle, la romancière fait assister son détective du Capitaine Hastings, un ami de longue date, dans son rôle de narrateur.

Ce dernier, en permission durant la guerre, est invité à Styles Court pour y séjourner. La châtelaine, une dame âgée d’environ 65 ans, est prise de convulsions tétaniques dans sa chambre fermée de l’intérieur jusqu’à ce que la mort l’emporte. On soupçonne sur le champ un empoisonnement à la strychnine, un thème que l’écrivaine chérit particulièrement. Il est question aussi de scandale de famille et de testaments, ce qui est généralement l’enjeu pour commettre un crime.

L’enquête policière dure des mois et contrairement à d’autres titres lus précédemment, l’affaire donne lieu à actions devant le tribunal, où l’on accuse plus d’une personne. On reconnait dès le début les traits caractéristiques de notre détective méthodique, quoiqu’un chaînon manquant de cette « mystérieuse affaire » mette à rude épreuve son intelligence surprenante.

L’imagination est une qualité lorsqu’elle sert, mais un défaut si elle commande. Plus l’explication est simple, plus elle est probable. P. 77

Une agréable lecture où le lecteur recueille les indices en même temps que le détective en se lançant spontanément dans l’analyse et l’interprétation. Bien entendu, le dénouement est toujours surprenant, mais sans déception aucune.

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