La Peste

La Peste

Récemment, j’en ai beaucoup entendu parler et en harmonie avec la loi d’attraction je voyais presque dans tout ce que je lisais une idée, une phrase, une comparaison qui l’évoquait. Romancier, essayiste, philosophe, dramaturge, écrivain, Albert Camus est plus que toujours une célèbre figure de la littérature française.

Pour une découverte, presque 60 ans après sa disparition tragique, ce fut une agréable lecture, et j’avoue m’être étonnée que son style soit aussi poétique venant de l’auteur de l’Absurde, une doctrine qui lui est propre. Et j’ai compris à la marge de mon avancement et mes recherches, que chez le romancier, l’absurde naît de la recherche de l’homme d’un sens à ses actions, à sa vie, au monde, or le monde n’a pas de sens. 

C’était également long, pas en terme de volume, il ne fait que 279 pages ; plutôt faite de phrases richement bâties imposant au lecteur un effort exigeant. Je ne dis pas exténuant. Au contraire, cette lecture me paraissait « urgente » qu’une fois terminée, j’avais envie de relire, surtout les premiers chapitres qui me paraissaient bien loin.

Au lieu du roman, l’auteur choisit la forme d’un récit analogique, pour placer dans leur enchaînement les évènements fictifs de son histoire dont il souhaitait qu’elle soit lue sur plusieurs portées.

En effet, l’épidémie qui s’abat, méticuleusement, patiemment sur la ville d’Oran en 1940, oblige les autorités, insouciants au départ, à fermer les portes et fait des habitants, des victimes et prisonniers. Dès le début, l’épigraphe choisie de Daniel de Foe, tiré de son roman d’aventures Robinson Crusoé en annonce la couleur : « Il est aussi raisonnable de représenter une espèce d’emprisonnement par une autre que de représenter n’importe quelle chose qui existe réellement par quelque chose qui n’existe pas. »Avec des métaphores humaines, politiques et historiques, La Peste publiée en 1947 est une étude du fléau, sous toute ses formes, ainsi que les réactions de l’homme face aux fléaux.

Une puissante œuvre à message qui vaut à son auteur, avec L’Homme Révolté et Les Justes (Cycle de la Révolte), la récompense Prix Nobel de Littérature en 1957.

Métaphore politique

La Peste ici est une allégorie au nazisme qui, s’est propagé plutôt en Europe, surnommé « Peste Brune » durant la Seconde Guerre Mondiale. Les victimes de l’épidémie sont les victimes de la guerre et des déportations, et comme toute figure de totalitarisme, ce fléau doit être combattu.

Il n’arrivait pas à croire que la peste pût s’installer vraiment dans une ville où l’on pouvait trouver des fonctionnaires modestes qui cultivaient d’honorables manies. Exactement, il n’imaginait pas la place de ces manies au milieu de la peste et il jugeait donc que, pratiquement, la peste était sans avenir parmi nos concitoyens. P.49

Est-ce qu’il fallait oui ou non lutter contre le fléau ou se mettre à genoux ? Pour toute réponse, l’ancien journaliste militant engagé dans la Résistance francaise, crée des personnages qui protestent, agissent, rejoignent La Résistance –sanitaire- pour soulager ce qu’ils ont en commun avec les autres, l’exil et les souffrances (Nous sommes ensemble pour les souffrir et les combattre, P. 199). Il développe la révolte comme réponse à l’absurde, ce qui donne sens à l’existence. Parallèlement à cela, il met en scène quelqu’un qui profite de la maladie, de la guerre. Qui collabore avec l’ennemi.

Métaphore humaine

La Peste est également une allégorie du Mal, que porte chacun de nous, qu’il ne sera jamais définitivement terrassé et pouvant surgir dans un moment de non vigilance.

Chacun la porte en soi, la peste, parce que personne, non, personne au monde n’en est indemne. Et qu’il faut se surveiller sans arrêt pour ne pas être amené, dans une minute de distraction, à respirer dans la figure d’un autre et à lui coller l’infection. Ce qui est naturel, c’est le microbe. Le reste, la santé, l’intégrité, la pureté, si vous voulez, c’est un effet de la volonté et d’une volonté qui ne doit jamais s’arrêter.” P. 228

L’œuvre est fidèle aux deux pôles autour desquels il ordonnait son écriture. Si l’homme doit dépasser l’absurde de sa condition avec de la prise de position et la révolte, il trouve du sens à ses actes en renouant avec son humanisme. C’est-à-dire de tout mettre en œuvre pour alléger les privations des victimes. Le personnage du docteur Rieux, porte-parole de l’auteur et le témoin objectif, refuse l’épidémie et toute interprétation métaphysique du fléau. Il poursuit sans cesse le but de sauver les pestiférés. C’est aussi un appel à abolir la peine de mort (Coïncidence, abolition en France le 18 Septembre 1981). Parce qu’aussi odieux qu’ils soient leurs crimes, condamner les coupables reviendrait à commettre le « plus abject des assassinats ».

Dans une fiche de lecture, j’ai vu que lire La Peste à part reviendrait à trahir la pensée de Camus. Elle est plutôt considérée comme le 2ème volet d’un ensemble, dont le premier est L’Etranger et Le Mythe de Sisyphe. Vivement alors d’autres enrichissantes!

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