My World To You

Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

La Planète respire… la planète reste…

La terre est en train de vivre des jours sans précédent et la plupart de nous expérimentent des choses pour la première fois, éprouvent des sentiments étranges et se promettent de nouveaux lendemains.

Du jour au lendemain, notre train-train épuisant, insatisfaisant, frustrant (pour certains) a basculé vers une rupture radicale de la vie telle qu’on vivait pour nous plonger dans… l’inconnu, l’incertain. Et parce que personne ne sait de quoi est fait le lendemain, on n’imaginait pas que l’effet papillon d’une chose invisible, microscopique mettrait le monde entier en quarantaine, permettant à la terre de faire une pause… de mieux respirer.

Résultat : confinés, nous devons utiliser, à bon escient, la denrée dont on se plaignait d’en manquer auparavant : le temps.

Malheureusement, nous sommes confinés, pour certains avec nos enfants, dans une époque où les connexions à haut débit sont dans (presque) chaque foyer, les smartphones dans chaque main et les informations (les vraies d’entre elles comme les fausses) inondent nos chaines et polluent nos têtes et les enfants, sensibles à l’inquiétude et au stress autant que les adultes, boudent les activités ludiques (mais qui peuvent être aussi fastidieuses) pour leur préférer les dessins animés ; me révélant l’inutilité des innombrables jouets achetés sous l’impulsion de la surconsommation…

Dans l’idéal, j’aurais passé personnellement mon temps à lire. Avoir la journée à soi serait l’occasion rêvée de tout lecteur boulimique. Sauf que la situation actuelle n’est pas la situation idéale. Au lieu de cela toutes les casquettes multi-métier sont hautement et continuellement sollicitées : maitresse, cuisinière, animatrice, coach, partenaire de jeu, sans oublier le rôle de râleuse à la perfection quand vers la fin de la journée patience et énergie sont à bout…

C’est également la circonstance où nombreuses valeurs qui semblaient figées dans nos esprits et valables pour tous les temps sont remises en question. Parmi elles, ces moult luxes qu’on s’offrait à petits prix ou gratuitement et qui nous semblaient acquis. L’air pur qu’on respirait, le café qui nous unissait entre amis, la séance de hammam où l’on se dorlotait, les bennes à ordures qui sont encore à ce jour vidées, les légumes et les fruits qui sont plantés localement et acheminées vers nous normalement, etc.

A titre personnel :

  • J’ai su ce que pouvaient être les journées de nos mamans ;
  • J’ai constaté le volume des tâches ménagères interminables à quoi s’appliquaient les domestiques ;
  • J’ai plaint les personnes loin de leurs proches et ne peuvent leur rendre visite à chaque fois qu’elles en ont envie ;
  • J’ai réalisé l’effort des maîtresses d’écoles dévouées ;
  • J’ai compris les situations de celles qui vivent au jour le jour sans forcément attendre le week-end pour partir en escapade ou avoir particulièrement un programme ;
  • J’ai compati avec les sans revenus fixes dont plusieurs bouches dépendent ;
  • J’ai pensé à ceux qui ne connaissent pas les sorties aux malls, aux cinémas, aux parcs d’attractions ; qui ne partent pas en voyage et ne connaissent d’autres endroits que leurs domiciles toute l’année…

Je ne doute pas que l’humanité (autorités, décideurs, organisations et citoyens) a tiré des leçons et se promet beaucoup de choses positives à la sortie de cette épreuve surmontable. Parce que s’il y a un combat quotidien, l’espoir est toujours au fond de la « Boîte ». On a certes cultivé de l’empathie, éprouvé de la solidarité et on s’est engagé pour de nouvelles façons de faire envers nous-mêmes.

Mais, je me demande si le naturel qu’on essaye d’apprivoiser ne reviendrait pas au galop encore plus fort, plus égoïste et autoritaire. Les nouveaux réflexes d’hygiène, d’alimentation, d’ordre et d’abnégation deviendraient-ils une deuxième nature pour chacun quand la vie reprendra son cours là où il l’a laissée, ou les anciens comportements referont surface? La distraction et l’insouciance envers Dieu reviendront monnaie courante après la crainte et la piété?

La planète reste et nous sommes de passage. Changeons nos habitudes… elle ne se portera que mieux…

Safaa White

2 réflexions sur « La Planète respire… la planète reste… »

  1. Tout d’abord bon retour ma chere amie, tes ecrits m’ont manqué.
    C’est tellement bien dit Safaâ et bien decrit.
    La planète respire et nos vies prennent un autre tournant, est il bien ou mauvais, on ne le saura que plus tard ….
    Pout ma part, je ne fais pas non plus l’exception, le multitache est a son max. Mais en même temps j’ai realisé l’importance de beaucoup de choses, et une chose est sure : mes priorités ont clairement changé, et mes yeux se sont ouverts sur une seule evidence : savourer l’instant present …. un café entre amis, une randonnée, une visite a la famille…. des moments de sereine solitude… JUSTE SAVOURER L’INSTANT…

    1. Bonjour Houda,
      Tu as raison, c’est un travail de re-priorisation de nos activités, nos pensées, nos vies.
      On doit exprimer plus de gratitude pour tout ce qui nous entoure si une autre chance nous est donnée et nous sommes épargnés.

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