La Vendetta

La Vendetta

Ce livre a toujours numériquement existé chez moi, il apparaissait chaque fois que je mettais à jour ma e-bibliothèque, il me guettait avec sa sombre couverture, et pourtant je n’avais jamais été motivée de le lire.  Maintenant que j’ai replongé dans l’univers romanesque du 19ème siècle, je suis saisie par une soif de m’en imprégner davantage, et cette soif ne me lâche pas.

La Vendetta, parue en 1830, est l’une des premières nouvelles des Scènes de la vie privée de la Comédie Humaine, la plus imposante des œuvres avec 91 romanes, contes et nouvelles écrites par Honoré de Balzac entre 1829 et 1848.  

Animé par l’ambition de brosser des portraits de toutes les classes sociales de son époque, dans toute sa réalité, belle ou laide, pauvre ou riche, le grand écrivain marque la littérature de son époque, française et européenne.

Écrite avec raffinement, l’intrigue d’aujourd’hui est une exploration des liens familiaux, notamment ceux de père-fille (thème cher au cœur du romancier) tissée sur une toile d’amour et de haine, d’art et d’uniforme, d’orgueil et de destin.

L’amour n’est-il pas comme la mer qui, vue superficiellement ou à la hâte, est accusée de monotonie par les âmes vulgaires, tandis que certains êtres privilégiés peuvent passer leur vie à l’admirer en y trouvant sans cesse de changeants phénomènes qui les ravissent ?

Cela commence en 1800 quand une famille Corse (Di Piombo) s’enfuit à Paris après s’être entre-tuée avec leurs ennemis (Porta) et demande protection de Napoléon, alors Premier Consul. Ginevra, leur fille unique, en artiste sensible et en italienne fière, s’arme de son amour et refuse de se laisser fléchir par l’absurdité des vendettas. L’écrivain nous offre une belle version d’un amour contrarié et tragique.

Historiquement, les vendettas étaient très courantes avant le XIXème siècle en Méditerranée. Le système judiciaire de la Corse, alors génoise, laissait traîner les affaires de meurtres pendant des années, poussant ainsi les victimes à se faire justice par eux-mêmes.

Créant le roman moderne, Balzac a étudié les mœurs avec des types humains saisissants de vérité- que certains de ses personnages sont devenus des archétypes dans leur genre. Lisant il y a longtemps Illusions Perdues et Eugénie Grandet (ce dernier dans le cadre d’un programme scolaire) je me dis que des relectures s’imposent, tellement je les avais découvert avec un œil novice manquant naturellement de recul, parce que La Vendetta fut un beau moment.

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