La vie en Peter!

La vie en Peter!

Une grande vague de froid traverse le pays et jusqu’à dix heures du matin, la glace n’avait pas encore fendu. Je développe une sensibilité à cela, mes mains et pieds sont enflés à me faire mal sous l’effet givré de l’atmosphère.

Depuis que j’ai su que la chaleur du corps s’évapore de la tête aussi, j’enroule mon cou d’écharpes et n’abandonne pas mes bonnets. Ces deux jours, je traine une allure enveloppée qui est à la fois joli quand c’est moi qui en regarde le reflet, et hilarant parce que j’entends des ricanements dans la rue. Mais je m’en fous. Peter Pan, c’est le nom que j’ai donné à mon aspect sans que cela soit vraiment désagréablement démodé. Au contraire, c’est infantile et jovial. Je suis belle avec mes couleurs, je suis belle avec mon style, et des remarques voyous demeurent voyous. C’est-à-dire, sans aucune importance, s’envolant dans l’air sans jamais se le rappeler après ; ni des propos, ni de l’émetteur qui demeure en marge des préoccupations principales, en marge de la vie entière !

Ceci dit, ce n’est pas seulement les remarques des gens qui ne trouvent pas d’oreille chez moi, mais c’est plus général que cela.

Je commence à me détacher sans peine du « passé » et n’appréhende pas du tout mon « futur », et comme ça je suis plutôt bien.

Je ne porte pas l’amour de choses matérielles dans mon cœur. Des choses terrestres dirait on ! Et ça me satisfait ! Ma sérénité et paix intérieures sont plus à défendre que l’assouvissement de mes plaisirs et désirs relatifs à ce bas monde.

Je n’avais pas tort en me décrivant Peter Pan. Il a bien le même esprit. C’est l’enfant qui ne voulait pas grandir et trouvait la vie une sacrée belle aventure! Les enfants ne trainent pas de regrets relatifs à la veille, ni se demandent de quoi serait fait le lendemain !

Normalement, je dois bien me corriger et avancer, je ne suis ni passive, ni indolente ; d’après ma religion même, j’ai l’obligation de faire de mon mieux et chercher à m’améliorer, ne pas ménager les efforts pour une situation meilleure, et une éventuelle « mauvaise » interprétation ou « incompréhension » de mes dires ne me dérangent point !

Ceci ne devrait être étranger, pour quelqu’un qui lit à chaque fois, le verset لِكَيْلا تَأْسَوْا عَلَى مَا فَاتَكُمْ وَلا تَفْرَحُوا بِمَآ ءاتَاكُمْ. Au contraire, c’est plutot réconfortant!

Je suis ambitieuse, sauf que je ne suis pas soucieuse. Et mon ambition je la nourris autrement.

Pour des mois que cela dure, mon entourage professionnel n’adopte qu’un seul discours : celui d’avancement ! Parce que je suis dans une structure du plus archaïque pour prétendre « évaluer » les « compétences » de ses « collaborateurs » de telle façon.

Moi, je souris doucement ! J’ai bien de quoi occuper mon temps, mon esprit pour avoir les mêmes sujets de conversation.

Le monde accourt à celui qui lui tourne le dos et la vie vient chargée de cadeaux à celui qui la répudie !

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