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La vie rêvée des chaussettes orphelines

De tous les romans que j’ai vus défiler sur BookInsta, celui-là revenait plus souvent et vue tous les coups de cœur qu’il a suscité j’étais impatiente de le découvrir. Maintenant, c’est chose faite et je suis contente d’avoir lu, que dis-je !, dévoré une histoire si captivante et de trouver au fur et à mesure réponses aux questions qui avaient effleuré mon esprit de lectrice avisée.

Le titre ne prend de sens que vers la fin du roman, tandis que dès le début, nous faisons la connaissance d’Alice, dans le présent et à travers les pages de son journal, de sa sœur cadette. La vie rêvée des chaussettes orphelines est le fou projet de Chris, un grand foireur de start-ups, pour donner une seconde vie aux chaussettes. Ce rêve s’avère en effet, l’espoir des âmes-sœurs perdues, des personnes cherchant leur 2ème moitié.

Alice, récemment installée à Paris, est une jeune fille asociale dont les crises d’angoisse, les maniaqueries de la propreté, de l’ordre et de la ponctualité traduisent un trop-plein d’émotions enfouies et refoulées, depuis longtemps. C’est l’histoire d’un amour fort de deux sœurs qui jalonne la vie de chacune en en orientant le sens et les choix, tel les battements d’ailes de papillon à Tokyo qui déclenche un cataclysme à l’autre bout du monde.

Autrice de Je peux très bien me passer de toi, nous découvrons ici une Marie Vareille humaine et chaleureuse, qui décrit magnifiquement les liens humains, familiaux et fait vivre dans les détails bien pensés, la vie de ses héroïnes et leur évolution. L’écrivaine nous entraîne dans deux temps différents, plusieurs endroits différents, en compagnie de personnages attachants, créés et introduits dans l’intrigue pour remplir chacun le rôle qui lui est destiné. Sa plume talentueuse, fait en sorte que le lecteur est facilement réceptif à la profondeur des situations où les personnages évoluent, réagissent, restent fidèles à leur identité.

Depuis quelques mois, je jouais les funambules sur cette mince frontière qui sépare l’avant de l’après e les années de galère du succès et de la célébrité. Je m’y accrochais comme une naufragée à une bouée de sauvetage, tentant de ne pas me laisser emporter par le courant. Je n’avais plus la moindre envie de passer de l’obscurité à la lumière. P. 425

Ce roman feel-good, plein de péripéties anti-ennui racontées dans un style dosé à juste mesure entre l’humour et l’intensité, avec un vrai coup de théâtre dont on ne se remet pas rapidement, ne laisse personne indifférent. Pour la fragilité de l’aventure maternelle, qui n’est jamais un voyage tranquille ; les fulgurances d’un succès dans un milieu prédateur, le désamour entre la mère et la fille, pour toutes ces thématiques et bien d’autres, je le recommande vivement.

Safaa White

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