L’assiette presque vide…

Je ne sais plus quoi mettre dans mon assiette !!

Si vous êtes comme moi, persuadés que tout passe par l’alimentation, depuis le teint jusqu’à la qualité de l’humeur ; conscient de la nécessité de manger équilibré, de faire le tri dans son caddie et obsédé par l’illusoire déchiffrage des étiquettes pour faire in extremis le même choix, vous comprendrez profondément le double stress que cela génère, quand en amont je passe mon temps à réfléchir cuisiner un plat qui fera l’unanimité et quand j’y mets en aval des produits à contre cœur. Car si ça ne tenait qu’à moi, je n’aurais ni viande rouge, ni charcuterie, ni sucre, ni lait, ni yaourts, ni fromage, ni crème, ni sauces, ni fritures, ni conserves, beaucoup moins de sel et de farine blanche et bien sûr jamais de soda ou de repas emballés… et je sais que je ne suis pas la seule.

Tout le monde entend parler des fatalités du trio gras, sucre, sel ; personne n’ignore qu’il faut avoir ses « Five a day » ; et on souhaite presque tous une assiette santé où les couleurs sont reines… Oui, tout ça est beau, mais comment tenir à la longue ? Et comment faire du healthy food son dogme culinaire au quotidien ?

Vous en convenez qu’avec de telles préoccupations, ma créativité est tout le temps mise à l’épreuve et ces bannissements font que la mission du chef derrière ses fourneaux n’est pas des plus aisées.

Et elle l’est encore moins lorsque même avec l’envie de ne manger que des crudités et adopter un régime fruito-végétarien, j’ai ces pensées noires que le poisson m’est parvenu certainement congelé ; que je n’arriverais pas à me débarrasser complétement des résidus des pesticides sur mes fruits et légumes, que mes modes de cuisson ne préservent pas autant de micronutriments ni mon matériel assez bon pour limiter l’exposition à tous ces perturbateurs endocriniens, etc.

J’avoue que ces convictions ne prennent pas forme sans quelques supplices pour les papilles, moi qui ne suis ni friande des laitages ni adepte des plats gras, je trouve quand-même du mal à négliger les gâteaux que j’aimais préparer. Or, avec toutes les maladies qui envahissent silencieusement les corps, je dois, à chaque bouchée, penser aux risques qui y sont liés. Sans pour autant négliger celui de me qualifier d’orthorexique : Mot dont j’ignorais totalement l’existence et qui se veut désigner toute personne cherchant à maintenir une alimentation saine comme atteinte d’un trouble de comportement alimentaire. Vile tentative d’orienter les opinions et stigmatiser des millions de personnes cherchant à se protéger et protéger les leurs d’un mode de consommation à l’américaine.

Car finalement, ce n’est pas l’amincissement ni la jouvence que l’on cherche, mais c’est par respect à son corps et à son parfait métabolisme du départ, que l’on se doit n’ingurgiter que ce qui y causerait moins de de dégâts et présenter à ses enfants des plats sans menaces pour leur santé, sachant qu’il est presque impossible de trouver avec tout ce qui s’industrialise du 100% SAIN, sans additifs, sans colorants, sans édulcorants, sans gélatine, sans alcool, sans OGM, sans produits raffinés, et cette sombre litanie n’est pas prête à prendre fin…

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