Le boycott ou comment choisir à qui donner son argent


Think / mardi, juin 26th, 2018

Depuis près de deux mois, le mouvement de boycott déclenché par des citoyens contre le symbole du lobbying, la voracité capitalistique et notamment l’instrumentalisation de la politique à des fins économiques et vice versa prend toujours de l’ampleur, surtout que tout fait en sorte de renforcer le sentiment d’injustice chez le contribuable appelé constamment à « payer plus pour moins ». Survenu dans un climat des plus tendus, caractérisé par des mesures gouvernementales à la limite drastiques tentant de booster l’économie, combler les déficits et accompagner progressivement la flexibilité du dirham, qu’il s’ensuit d’échec ou de réussite, ce cri d’indignation du peuple est une source de leçons à tirer.

La concentration et la répartition des richesses est le domaine où la loi des 20/80 se vérifie parfaitement ; où une classe élitiste, écrasante, fait le choix de privilégier les inégalités et d’exercer son emprise sur les institutions étatiques, quand elle ne détient pas totalement le pouvoir, afin de garantir la reproduction de son capital, sans être consciente du combat de dignité et de survie contre le besoin et l’ingratitude que mène une autre couche de démunis demeurant dans l’ombre.

Restent pour maintenir cet élan justifié, les représentants de la classe moyenne. Nous, qui de par le mode salarial et le vécu, nous nous sentons plus ou moins – à l’ère des choix et de l’abandonne- à l’abri du besoin, grâce au confort d’une carte de crédit et l’assurance d’un virement en fin de mois, et soucieux en même temps des prix du carburant, les fluctuations des prix de l’eau minérale ou la composition d’un certain écosystème laitier.

Qu’on s’y engage activement, en grande partie ou non, et grâce à la connectivité aux réseaux sociaux, une culture de consumérisme est en train de se développer pour :

  1. Défendre en premier les intérêts des consommateurs ;
  2. Être plus sensibles aux tarifs, prix, qualité des produits proposés ;
  3. S’apprêter avec +/- de visibilité à comparer les prix (au niveau local ou étranger) ;
  4. Mettre en évidence le caractère avide de certaines marques, notamment que les cibles représentent toutes les têtes des cartels auxquelles il va falloir s’attaquer pour aspirer au changement.

C’est justement une arme de nécessité reconnue partout ailleurs comme le droit de voter avec son caddie, qui fait en sorte que le cas du Maroc n’est pas atypique à 100%. Les voix qui s’élèvent contre la cherté de la vie ne demandent qu’à se faire entendre, qu’être traités avec respect et sérieux, afin de reconnaitre notre droit à tous à plus d’équité et d’accessibilité aux services et biens au meilleur prix.

Ce qui l’est plutôt, ce sont les réactions de nos élus.

Une société moderne, civilisée et responsable aurait chercher à cerner les reproches, reconnaitre les torts, bien communiquer (sans offenses ni injures) autour du sujet, au lieu de quoi, se faisant une fixation sur un glissement du pouvoir politique vers le pouvoir du consommateur, des subterfuges ont été mis en œuvre pour détourner cette compagne et des discoursirresponsables reléguant les citoyens au dernier rang se tiennent de part et d’autre choquant au plus haut niveau.

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