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Le combat jetable vs durable

Notre mode de consommation nous oriente plus vers l’achat d’articles jetables, dont la durée d’utilisation est courte nous entraînant dans le cycle d’acheter, jeter, puis acheter et jeter… à l’infini. Un vrai gaspillage d’argent et d’objets.

Chaque année nous générons une benne à ordure par minute. Les produits à usage unique ont largement envahi notre quotidien, avec une moyenne de 400 kilogrammes de déchets par an et par personne. Dans la plupart à base de plastique, qui prend selon la composition entre 100 à 1000 ans pour se dégrader, ces achats donnent lieu à de nombreux déchets polluants et énergivores à traiter.

L’article d’aujourd’hui n’est pas une liste exhaustive de toutes les alternatives au jetable. Internet regorge d’astuces et de livres pour nous guider à petits pas dans la réduction des déchets et des dépenses.

Je vous conseille pour l’occasion le site https://consommonssainement.com/ de la conférencière et consultante en Économie Circulaire et auteure du best-seller « Zéro plastique Zéro toxique » et du livre « Le Guide de l’Alimentation Durable » Aline Gubri qui donne des astuces au quotidien pour passer du jetable au durable, partout dans la maison (des produits cosmétiques, ménagers, aux courses et plastiques cachés). Une vrai conception d’une économie linéaire à une économie circulaire.

C’est plutôt un partage d’expérience que j’avais promis la fois dernière, des objets du quotidien que j’ai remplacés et testés depuis. Sans bien entendu prétendre être une spécialiste. Ma poubelle est encore remplie de déchets et je commence à peine une démarche « zéro déchet » que d’autres personnes responsables et engagées ont entamé et conservé depuis des années et qui, par petits gestes, peut sauver la planète si nous sommes plusieurs, à faire la même chose mais en changeant la façon de faire la chose. Consommer autrement c’est garder en tant qu’utilisateurs les mêmes habitudes en optant pour des équivalents qu’on peut laver et faire durer plutôt que jeter.

Prenons par exemple le brossage des dents. On se lavera toujours les dents, matin et soir, mais au lieu d’une petite, omniprésente brosse à dent très utilisée, changeable 4 fois par an et difficilement dégradable, donc dangereuse pour l’environnement, on peut opter pour sa version durable rechargeable, en gardant le manche et ne changer que la tête en poils ou sa version respectueuse en adoptant une brosse en bambou.

  • Pailles en inox vs paille en plastique

La paille en plastique en elle-même est recyclable. C’est jetée qu’elle est menaçante pour les océans, parce que de par sa petite taille, elles s’enchevêtrent et les animaux marins et les poissons la consomment. 

Dans votre cuisine, vous pouvez remplacer les pailles en plastique par d’autres en bambou ou en inox, fournies avec des goupillons, réutilisables à l’infini.

A l’extérieur, on peut commencer par dire non (idem pour les couverts). On en donne même si l’on commande un simple verre d’eau. Refuser est l’une des règles du 0 déchet.

  • Brosse à dent en bambou vs brosse à dent plastique

Composée uniquement de matériaux respectueux de l’environnement, la brosse à dents en bambou est écologique et compostable. Elle se dégrade en 6 mois minimum contre 1000 ans pour une brosse à dents en plastique !

  • Chiffons microfibres/éponges vs Papier Essuie tout

On a tendance à utiliser (de façon aberrante) plusieurs rouleaux de papier essuie-tout par mois, pour absorber le liquide, nettoyer, sécher les aliments, etc. Fabriqué dans le but d’absorber l’eau, il est insoluble dans l’eau, et donc non recyclable et polluant. D’autant plus que 20% de la pollution de l’air causée par les produits chimiques provient de la fabrication du papier.

Un stock de chiffons microfibres peut changer la vie et sauver la planète. Servant pour le nettoyage des surfaces, des fenêtres, des meubles, etc. ils sont lavables avec le linge à 60°, ils sont efficaces et économiques et respectueux pour l’environnement.

  • Tapis de cuisson en silicone vs Papier cuisson/sulfurisé

Non seulement il est à usage unique, mais pour être rendu plus blanc, le papier subit un traitement, un blanchiment à base de chlore, ce qui n’est pas sans conséquence pour notre santé et notre environnement.

Les tapis de cuisson sont conçus dans un silicone alimentaire sans BPA, robustes et lavables, donc durables.

  • Sac à compost

Le zéro déchet n’est pas le 100% recyclable. Le recyclage permet de donner une seconde vie aux déchets qu’on ne peut éviter (papier, cartons, emballages). Le recyclage passe aussi par la valorisation des déchets organiques. Autrement dit le compostage.

Un sac de compost reçoit les restes alimentaires, les épluchures des légumes et des fruits, les céréales, le thé, le café, même les cheveux et les ongles.

  • Houppettes en coton & Eponge Konjac vs Disques démaquillants

Une femme produit plus de 1600 cotons par an. En plus des économies faites, les arguments sont solides pour passer à la version durable du coton. Une culture des plus consommatrices d’eau et de grand nombre de pesticides dont certains sont classés par l’OMS comme « extrêmement dangereux ». Enfin, le blanchiment du coton exige l’utilisation du chlore ou d’azurants chimiques.

Les carrés ou houppettes en coton lavables sont un bon moyen de limiter ses déchets dans la salle de bain.

L’éponge Konjac, elle, 100 % naturelle et donc 100 % biodégradable, possède plusieurs vertus exfoliantes et douces qui convient à tous les types de la peau.

  • Shampooings/savons solides vs Shampooings et gels douche classiques

Entre le silicone et les matières plastiques, les shampoings cachent des menaces pour les cheveux, la santé et avec leurs emballages jetés périodiquement des dangers pour l’environnement.

Les Shampooings/savons solides s’imposent comme une alternative écologique et économique à ceux classiques. Il suffit de savoir qu’ils ne nécessitent pas d’eau pour les fabriquer et pas de bouteilles en plastique pour les emballer. Ils permettent donc d’économiser des milliers de litres d’eau par an et évitent de produire des déchets en plastique.

En plus, naturels, à base d’herbes, ils permettent un lavage sans avoir recours aux produits chimiques irritant le cuir chevelu et déversant de l’eau polluée dans les canalisations.

  • Lessive home made vs lessive industrielle

Une famille utilise près de 26 litres de lessive liquide par an. Quant aux contenants ils contribuent pour une belle part à la pollution mondiale.

Les produits industriels contiennent souvent des ingrédients dangereux pour la santé. L’eau usée des machines qu’on tourne part dans les canalisations, composée de nombreux tensio-actifs chargés en métaux lourds et autres agents toxiques pour les milieux aquatiques. Sans oublier, que les vêtements lavés par ces substances chimiques sont en contact direct avec notre peau.

De par leurs vertus antibactériennes, anticalcaires, adoucissantes, blanchissantes et détachantes naturelles, le savon de Marseille, le vinaigre blanc, le savon noir liquide, le bicarbonate, le percarbonate et les cristaux de soude sont de vrais alliés ménage et lessive maison écologique et sans danger pour la santé.

A l’heure où j’écris, je vois en direct (par des gens que j’adore, qui sillonnent les zones stéréotypées à la recherche des Artisans de demain) la démonstration d’une lessive non ordinaire, à base de noix de lavage. 100% naturelle, 100% biodégradable et 100% sans plastique.

Les noix de lavage sont des coquilles du fruit de l’arbre Sapindus Mukorossi qui pousse dans les régions autour de l’Himalaya. La molécule Saponine possède un réel pouvoir moussant et lavant qui s’exprime parfaitement en eau libre, notamment au sein du tambour de la machine à laver dès 30°C, ce qui vaut la renommée de ces noix comme lessive écologique. Aroma Zone

  • Couvercles extensibles en silicone vs Film alimentaire

Comme toute matière plastique, la fabrication du film alimentaire nécessite l’extraction de pétrole, ce qui participe à la destruction et à la pollution des sous-sols et des écosystèmes marins ou terrestres.

Les additifs utilisés pour sa transformation peuvent être des perturbateurs endocriniens (générant au long terme les risques de cancers, d’infertilité, de dysfonctionnement thyroïdiens, etc). Lorsque la matière plastique est en contact direct avec un aliment (surtout s’il est gras, chaud et/ou acide), certains de ses additifs peuvent y migrer et ainsi être ingérer par le consommateur.

Les couvercles étirables permettent de recouvrir hermétiquement des bols, saladiers, carafes, fruits coupés, etc.  Existant en différentes tailles, ils sont simples et efficaces.

Pour stocker au réfrigérateur un reste de repas, on peut aussi simplement utiliser une boite, un saladier ou un bol.

  • Protections périodiques lavables vs jetables

En moyenne, une femme jette durant sa vie entre 10000 et 15 000 protections hygiéniques, dosées de substances chimiques, blanchissantes et parfumantes qui sont allergènes et dangereuses.

Il existe aujourd’hui des alternatives aux protections conventionnelles :  les coupes, les serviettes lavables et les culottes menstruelles. Toutes des méthodes moins agressives et plus écologiques pour l’environnement. 

  • Masques de protection lavables vs masques jetables

En cette période de crise sanitaire, le port d’un masque de protection complète les gestes barrières pour limiter la propagation du virus.

En plus d’être un masque plus respectueux de l’environnement, le coût d’utilisation du masque lavable revient entre 2 et 3 fois moins cher qu’un masque chirurgical jetable.  

Voilà. J’ai pu faire le tour d’horizon des objets que j’ai pu intégrer au quotidien, qu’en les utilisant chacun réduit visiblement sa production de déchets et réduit sur le long terme ses dépenses. 

Des fois, le premier investissement peut être de taille et supérieur à l’achat classique, mais remplacer le jetable par sa version lavable permet de réaliser des économies substantielles dans le temps.

Je rappelle, que je commence à peine mes petits pas sur ce chemin, qui doit avant tout être fait dans la bonne humeur et sans pression (Voir Zéro déchet pas à pas). J’ai encore des détergents chimiques, un rouleau de film alimentaire, du papier essuie tout, j’achète encore (en culpabilisant) des bouteilles d’eau en plastique, malgré le filtre qui doit être installé et je porte des fois des masques chirurgicaux.

Mais ce qui est aussi important dans la démarche zéro déchet, c’est le fait d’intégrer que c’est humain de faire des retours en arrière ou en avoir marre d’être écologique à la longue quand c’est facile de faire simple, acheter, utiliser une seule fois et jeter. Il faut du temps pour avoir le réflexe, et généralement une fois ces réflexes acquis, on commence à se poser automatiquement la question sur la destination finale de tout achat.

Safaa White

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