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Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

Les Cicatrices

Je ne connaissais pas Claire Favan mais voulant participer au challenge Eid Read-A-Thon 2020 de la BookTubeuse @youssraandbooks, j’ai sélectionné Les Cicatrices et Né sous une belle étoile. Et même si je n’ai pas pu atteindre mon objectif de 409 pages à lire avant les 12 coups de minuit du lundi, en avoir un m’a complètement motivé à aller au bout d’un livre.

Mais pas que.

Il faut dire que la plume sombre, accrochante et angoissante de cette écrivaine, connue pour ses romans policiers, y était pour beaucoup.

La construction de ce thriller psychologique est d’une complexité extrême qu’il était impossible de lâcher ce roman qui te tient à la gorge dès les premières pages. L’efficacité et le fin dosages d’indices, de suspense, de fausses pistes et de rebondissements font de ce récit noir une intrigue à couper le souffle autour de profils psychologiquement variés aux confins de la perversité et des ténèbres humaines. C’est l’étude subtile de l’assouvissement des pulsions et les désirs de vengeance qui trouvent source dans des origines plus sombres. Comme quoi, on ne guérit jamais complètement de ses cicatrices d’enfance.

 » Une graine pourrie a été plantée dans le cœur de ce garçon. Dans le terreau de sa haine, elle germe, tant et si bien qu’elle ravage tout ce qu’il aurait pu devenir ».

Il s’agit d’une traque déboussolante outre Atlantique d’un Serial Killer méthodique, dans l’État de Washington, qui sévit depuis plusieurs années en toute impunité. On assiste à l’enlèvement, la séquestration, la torture morale et physique des captives, la soumission et la domination.

Comme un puzzle, les pièces du scénario prennent progressivement place et s’emboitent d’une façon violente et déroutante entre le passé et le présent, la réalité et les souvenirs flous d’Owen Maker, un personnage effacé et docile qui peine à se détacher des liens toxiques le liant à son ex-épouse. La tension est montée de plus d’un cran quand on découvre des traces de son ADN sur les corps rendus de nouvelles victimes et se trouve mêlé malgré lui à cette enquête policière.

Dans son dernier roman, paru en mars 2020, Claire Favan manipule avec des schémas « machiavéliques » le lecteur et parvient à malmener ses capacités d’échafauder des hypothèses tenant la route. Et quoiqu’on aime bien se lancer dans des suppositions approximatives, la surprise finale est totale !  

Safaa White

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