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Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

Les gens heureux lisent et boivent du café

Longtemps attirée par le titre, je découvre que Les Gens heureux lisent et boivent du café est le nom du commerce que tient Diane avec son associé et meilleur ami Félix. Un café littéraire, sans qu’Agnès Martin-Lugand n’en fait le thème de son premier roman (Déception !).

Après Tout sauf le grand amour, c’est une deuxième romance qui se penche sur l’épreuve imprévisible et dévastatrice qu’est le deuil. Diane expérimente le double deuil, en perdant dans un accident de voiture, Colin et Clara, son mari et sa fille.

Les trois premiers chapitres, nous plongent dans un univers sombre, désastreux, où le choc et le déni se mélangent pour arrêter le temps dans l’appartement familial, les scènes du passé prennent forme à chaque nuit et l’on refuse de survivre aux morts. Une ambiance émouvante, qui fait pleurer (attention, tout me fait pleurer !) et qui nécessite après plus d’une année de faire un « break » et quoi de mieux que partir en voyage pour franchir une période difficile qui n’a que trop duré et chercher à se reconstruire.

Diane loue un cottage à Mulranny, en Irlande (Je m’imaginais plongée dans l’étendue verdoyante de Ps : I love You), où la chaleur et la gentillesse humaines autant que le contact avec la nature la déstabilise ; elle qui est habituée à sa vie parisienne, bruyante, morne et étouffante.

J’avais retrouvé mes repères. Je ne m’habillais plus, je mangeais n’importe quoi, n’importe quand. Je dormais une partie de la journée. Si le sommeil ne venait pas, je restais dans mon lit à observer le ciel et les nuages, bien au chaud sous la couette. Je comatais devant des niaiseries à la télévision, qui se transformaient en cinéma muet lorsque c’était en gaélique. Je parlais à Colin et à Clara en fixant leurs photos. Je vivais comme chez nous, à Paris, mais sans Félix. Cependant, le soulagement tant espéré ne venait pas. Aucun poids en moins sur la poitrine, aucun sentiment de libération. Je n’avais envie de rien, je n’arrivais même plus à pleurer. Le temps passait, et les journées me semblaient de plus en plus longues.

Le handicap du deuil est vite oublié, et le début accrochant laisse de la place à un ton, des dialogues et une description légers et peu étincelants qui fait que ce roman (qualifié par certains à l’eau de rose), qui ne traite ni de littérature, ni des relations familiales conflictuelles ni de reconstruction, laisse le lecteur complètement sur sa faim.

Lu, en version ebook, d’une seule traite parce qu’on a quand même envie de savoir ce qui va se passer et comment ça va finir (même si on s’y attend un peu, avec la présence d’un voisin brutal et grossier).

Publié en 2013, l’autrice sort une suite en 2015: La vie est facile, ne t’inquiète pas.

Safaa White

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