Les Pinocchios du net

Les Pinocchios du net

Depuis sa création pour des raisons militaires ou autre, Internet a été utile à tous ces millions de personnes qui y ont accès, et nous avons beaucoup appris grâce à lui.

Mais il n’en demeure pas moins que l’usage, la conception, la réception et le partage de l’opinion via cet outil ne bénéficient d’aucune protection ou restriction. La neutralité de cet espace, qui fut l’un de ses principes fondateurs en excluant toute discrimination à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de ce qui est transmis en ligne, est précisément son grand défaut : cet univers est devenu l’endroit de tout échange, de non-droit, d’anarchie et de non éthique, où filtre et canal de vérification sont absents et chacun pourrait semer la panique, appeler à la violence, inciter à la haine raciale, sous prétexte d’une trompeuse liberté d’expression.

Certes, il y a TOUT sur Internet, mais TOUT sur Internet n’est pas vrai, et les plus touchants, les plus révoltants, les plus terrorisants des messages qui y circulent, même dans la plupart présentés sous des tenues parfaitement plausibles, ne sont que des HOAX, des supercheries dont on ignore la provenance, oui, mais facile d’en débusquer le mensonge avec un minimum de recul, un peu du culte d’esprit critique et beaucoup de vigilance.

Un hoax est une information fausse, périmée ou invérifiable propagée spontanément par les internautes. Il peut concerner tout sujet susceptible de déclencher une émotion positive ou négative chez l’utilisateur : alerte virus, disparition d’enfant, promesse de bonheur, pétition, etc

Indignation, fureur, dégout, les sentiments changent selon l’humeur du jour et les contenus des billets circulant.

Si ça ne tenait qu’au ménage que je suis obligée de faire dans ma boite aux lettres à chaque fois que je reçois une « vérité scientifique» se proclamant comme telle sans aucune étude à l’appui, une fausse citation dont pullule le net attribuée par-ci par-là à des gens de l’histoire, un mantra à faire véhiculer parce que les gens ont tout simplement soif d’espoir, etc. ma colère n’aurait pas été tellement grande.

Je me moque probablement que plusieurs de ces messages de source inidentifiable ne sont pas sans danger et qu’ils compromettent la sécurité des ordinateurs et contribuent à l’évasion des adresses électroniques et des données personnelles des utilisateurs dans… la nature ; mais recevoir quotidiennement des copier/coller de ce genre est pour moi une pure perte de temps, une atteinte à la productivité et pire de tout un décapage de toutes les couches positives de mon énergie, que je n’ai même plus envie d’aller à l’essentiel quand il le faut, tellement mon esprit a été farci d’information sentant à plein nez (des fois moins évidemment !) le trucage. Et là seulement, je suis persuadée qu’ils sont d’origine malveillante profitant certainement à des entités dans l’ombre ou visant du moins à rire derrière nos dos, car au cœur du Capitalisme, Internet n’est pas innocent et tout échange n’est pas gratuit.

Je ne veux nullement être prise comme celle qui critique tout, que rien ne satisfait ou qui aperçoit le danger et la manipulation partout, même si dernièrement je ne partage que des coups de gueule. Mais j’aimerais pouvoir bousculer la fatalité du transfert machinal d’un message, et convertir ces mauvaises habitudes en bonnes pratiques où il est de notre devoir, nous, gens cultivés et aspirants au changement, de ne faire acheminer que les histoires/informations dont l’authenticité et la fiabilité ont été vérifiées auprès de sources crédibles. J’estime qu’à défaut de faire plus, c’est l’acte minimum pour promouvoir la culture commune du web et lutter contre l’encombrement inutile des boites et des esprits.

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