Michel Strogoff

Michel Strogoff

L’œuvre de Jules Verne est pour la grande partie composée de romans d’aventures et Michel Strogoff, paru en 1876 est bel et bien une épopée légendaire où le célèbre écrivain accorde une place majeure aux valeurs morales qu’il fait triompher à l’encontre des difficultés, des épreuves, de l’emprisonnement et du besoin. A l’encontre de toute une armée d’envahisseurs.

Michel Strogoff avait le tempérament de l’homme décidé, qui prend rapidement son parti, qui ne se ronge pas les ongles dans l’incertitude, qui ne se gratte pas l’oreille dans le doute, qui ne piétine pas dans l’indécision. Sobre de gestes comme de paroles, il savait rester immobile comme un soldat devant son supérieur ; mais, lorsqu’il marchait, son allure dénotait une grande aisance, une remarquable netteté de mouvements. P.37

Par sa qualité de grand conteur, Jules Verne esquisse dans une sorte de road trip à l’ancienne le portrait charismatique d’un héros chevaleresque ayant suffisamment le sens de la loyauté et du devoir qu’aucune épreuve ne vient ébranler. Porteur d’une lettre du Tsar Alexandre II, Michel Strogoff doit parcourir les steppes sibériennes, au moment de l’invasion Tartare, rallié au traître Ivan Ogareff, contre la souveraineté moscovite. Si le courrier fut désigné au début pour son courage et son intelligence surhumains, il doit accomplir sa mission périlleuse sous l’incognito en toute rapidité. Cependant, au lieu des dix-huit jours prévus, il met trois mois à arriver à Irkoutsk.

L’ayant lu très (très) jeune, des péripéties de cette odyssée, je ne gardais en mémoire que la scène où il fut châtié par les Tartares en faisant passer une lame incandescente devant les yeux, une scène, je pense qui a marqué tout lecteur. Tout le reste de son périple fut une complète découverte. Ce qui ne fait pas d’elle une vraie relecture.

Cependant, en entendant la peine prononcée par l’émir, Michel Strogoff ne faiblit pas. Il demeura impassible, les yeux grands ouverts, comme s’il eût voulu concentrer toute sa vie dans un dernier regard. Supplier ces hommes féroces, c’était inutile, et, d’ailleurs, indigne de lui. Il n’y songea même pas. Toute sa pensée se condensa sur sa mission irrévocablement manquée, sur sa mère, sur Nadia, qu’il ne reverrait plus ! Mais il ne laissa rien paraîtra de l’émotion qu’il ressentait. P.319

Cité dans Les Filles Du Tsar, survivantes à la Révolution Russe, sous la plume de Marie imaginant sa famille secourue par un Michel Strogoff, l’histoire a été adaptée de nombreuses fois au cinéma, comme au théâtre, en dessins animés et en bandes dessinées.

Je considère que cette « œuvre vernienne » est un manuel suffisamment documenté de géographie et démographie. Au milieu des « noms imprononçables » des contrées russes, le lecteur découvre l’étendue des régions, la largeur des fleuves, l’ampleur des chaines, les tailles des populations, etc… on reste suspendu aux détails du voyage et dès que l’écrivain enchaîne le récit palpitant de l’aventure, on a le cœur emballé. En effet, on s’y plait, on y plonge et on croit à sa fiction bien ficelée. Et en bonus, du fait qu’il place le courage, la loyauté, la fidélité, l’honneur et l’espoir comme moteurs d’engagement en dépit de tout, on ne peut qu’admirer son bijou resté parmi les beaux romans à lire dans la littérature mondiale, puisque Jules Verne était un international.

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