Mon pari sur le bonheur


Think / mercredi, octobre 24th, 2018

Michel Berger avait dit « Et pour quelles raisons étranges, les gens qui pensent autrement ça nous dérange ? ».

Je lis généralement plusieurs citations qui, selon la loi de l’attraction, me parviennent à des moments particuliers qui les rendent très parlantes, inspirantes et fidèles à la réalité. Tout est énergie et nous sommes ce que nous pensons finalement.

Mais la phrase de cet artiste a toujours résonné dans ma tête : elle colle parfaitement au mental de notre société et moi, je me voyais, tristement, changer de camp. De la personne croyant fermement à l’atteinte de l’idéal qu’elle poursuit, étant cible des remarques peu courtoises des personnes qui voyaient la « différence » une dérogation à la normale, tentant de me rabaisser à leur niveau ou du moins m’aligner à celui du strict minimum des exigences ; à celle dont les résultats des gens la font jalouser et qui, petit à petit adhère à l’ordinaire endormant celui où on n’a pas le droit de s’écarter des conventions.

Je me pensais suffisamment bonne pour ne jamais porter dans mon cœur de la rancune, de l’envie, or, je m’indigne chaque jour de ma situation actuelle, le succès du monde me met en effervescence, et la honte est devenue si ancrée en moi qu’elle immobilise au fond mon âme jadis légère.

Si je blâme quelqu’un ?

Evidemment.

Plutôt deux.

Notre société, notre éducation font que nous préférons rester petits, nous habituent à des standards conformistes, où l’on doit se contenter de ce que l’on a ; où agir passionnément, différemment, inhabituellement est rejeté parce qu’il n’est pas conforme au modèle commun hérité de l’époque des hommes des cavernes. Les besoins préhistoriques étant l’habitat et la chasse.

Ici, élever ses standards telle une nécessité vue par certains ne trouve pas forcément écho chez autrui, ou plutôt critiques inévitables :

  • Parce qu’il est plus facile de mettre en doute la volonté d’une personne que de la voir réussir alors qu’on a horreur, nous-mêmes, de franchir le pas ;
  • Parce que personne ne voudrait lâcher la proie pour de l’ombre et l’idée de quitter un confort habituel est pour la plupart inimaginable : La situation pourrait être pire avant de d’atteindre le meilleur escompté ;
  • Faire l’autruche s’avère probablement moins dangereux que d’affronter la tempête ;
  • Parce qu’une personne qui tente une originalité, s’aventure hors des sentiers battus, semble attaquer directement et personnellement toutes les autres qui font partie du lot ; etc.

Toutes de bonnes raisons pour se sentir moins seuls et notamment faire séjourner TOUS dans la banalité du quotidien.

Or, de tous les poissons qui nagent dans l’eau, qui sait celui qui nage dans le bon sens ?

Elever ses standards signifie d’abord croire mériter mieux qu’une situation actuelle où la peine, la frustration, le combat ont trop duré ; refuser de continuer de souffrir au lieu de prendre des risques (réfléchis et mesurés), et qu’il est impératif de faire dorénavant tout pour n’accepter que ce qui correspondrait à ce qu’on mérite réellement.

Désirer mieux… Oser différent… Voir grand… S’engager dans le chemin que l’on voit nous définir, nous passionne le plus, nous nourrit en profondeur, nous tire vers le haut… Bref, parier sur le bonheur pour l’attirer. Tout est énergie!

Je crois qu’on ne peut mieux vivre qu’en cherchant à devenir meilleur, ni plus agréablement qu’en ayant la pleine conscience de son amélioration. Socrate

Il s’agit d’une quête qui peut toucher presque tous les domaines, professionnels aussi bien que personnels, et comme tout ce qui touche à l’humain, rien ne se fait isolément. La qualité de ses relations entretenues avec ses semblables détermine  son niveau de plénitude et d’épanouissement. Et comme le démontre enfin l’étude scientifique la plus longue de l’histoire (sur 75 ans et présentée par son 4ème directeur, Robert Waldinger), le bonheur est dans les relations, comme l’est le malheur aussi. Et je ne vois pas comment l’on peut aspirer devenir meilleur si l’on entretient de piètre rapports avec autrui.

C’est ici, justement où le moment est venu pour appeler à la barre l’autre personne qui est restée sur le banc des accusés (Pour voir si vous suivez toujours!).

Mon Moi.

J’ai continuellement honte de moi-même, en colère contre ma personne et cela sans culpabilité.

Quand on a tellement souffert, que l’on a perdu goût à la vie, on s’accroche à toute illusion, même totalement destructrice. Je ne me sens plus au niveau ni ressens en moi les ressources nécessaires pour intégrer les moindres petits changements dans ma to-do-list, aussi frustrantes, tristes, dépourvues de joie que soient mes journées.

Si j’ai à résumer un peu mon état d’âme actuel (et plagier un autre blogueur), je dirais que je me réveille le matin sans motivation, sans objectif et rentre le soir sans envie ni état de manque.

On est tellement similaire et tellement différent à la fois. Si la vie est faite d’épreuves, toutes les peines ne sont pas vécues de manière identique. En plus, chacun est le héros de sa propre histoire ; chacun est responsable de son propre sort ; dans le périple de la vie, chacun est son propre guide…

Donc, La comparaison n’a jamais été utile, ou était une consolation.

En quoi savoir qu’il pleut dans les cieux de tout le monde peut-il me rendre plus joyeuse ?

Quelle utilité de savoir que tout le monde a contracté un virus, si je ne suis toujours pas mieux portante ?

Me sentir un peu moins seule ne m’aide pas.

Moi, qui nourrissais le rêve d’apporter ma part de « 1 pour 7 milliards » dans la version meilleure du monde, je pense que l’on a réussi à dompter mon esprit rebelle et impuissante, je tourne comme un lion dans sa cage.

Mon erreur, je ne suis pas sourde. En démontrant des ambitions prétentieuses qui dérangent, il faut boucher les oreilles, et réclamer son droit à l’erreur.

Tout me semble inacceptable, tout m’étouffe et rien ne me plait. Ce dont j’ai besoin est une bouffée d’air loin des toxicités et des adversités.

Laissez-moi respirer ! … Me frayer un chemin vers toute opportunité courageuse avec le droit de me tromper.

Au moins j’aurais eu le privilège d’essayer. J’assumerai comme une grande mes choix et j’en partagerai sûrement les erreurs et les enseignements.

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