My World To You

Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

Mon rêve… enfin réalité !

La fois où j’ai parlé de la nécessité d’intégrer l’auto-félicitation dans notre quotidien pour les grandes mais aussi pour les mini-actions accomplies, et bien à ce moment-là, j’avais réalisé quelque chose dont j’étais (très) fière et vue le temps que ça avait pris, les freins à lever et l’enthousiasme à retrouver je peux vous dire que j’en étais digne.

Mon projet littéraire mis aux oubliettes pour très longtemps j’en parlais dans plusieurs de mes articles comme la seule et l’ultime chose qui me tenait à cœur, à vouloir/devoir concrétiser. L’amertume que je ressentais à chaque fois que j’y pensais rendait carrément la vie autour de moi vide de sens. Le blocage dont j’étais sujette ébranlait ma confiance et discréditait ma propre image de soi. J’étais cette personne qui n’arrivait pas à bout de son rêve, qui ne terminait jamais rien, qui n’était pas assez, et dont les années s’écoulaient identiquement sans que je tienne mes résolutions (que finalement lasse et fatiguée j’ai arrêté d’en fixer).

Les barrières psychologiques à surmonter me travaillaient tellement, contaminaient mon quotidien et à chaque fois qu’on parlait d’un projet qui nous définissait le mieux, une grosse boule de déception se logeait au fond de mon cœur.

J’étais en panne de motivation.

Pas d’inspiration, parce que même maintenant que mon roman est terminé et sur le point de voir le jour prochainement (une expérience gratifiante sur laquelle je reviendrais quand viendra le temps) je peux dire que si j’avais passé mon temps à attendre que la Muse me rende visite, je n’allais pas réellement avancer. Il est vrai qu’il faut dépasser ce mythe d’inspiration et la forcer, avec une certaine routine, pour écrire.

Les recettes j’en avais probablement testé, sans résultat. Fixer des échéances, avancer selon un calendrier, imaginer l’après, me promettre des récompenses… je procrastinais encore et encore. J’accrochais la reprise de l’écriture sur les frêles branches du « peut être » ou du « c’est déjà trop tard ».

Et voilà que le Covid passe par là et que nous devions nous plier aux exigences sanitaires, demeurer confinés chez soi entre autres.

C’était la chance pour chacun de revoir ses priorités et je disposais de suffisamment de temps pour en être reconnaissante. Pour moi, c’était l’occasion ou jamais pour reprendre mon projet-roman là où je l’avais laissé 10 ans auparavant, y investir mes heures de sommeil, essayer de me concentrer (même sans bureau pour m’isoler), soigner les portraits de mes personnages, faire mes recherches, imaginer des scènes et des décors, et surtout aimer ça !

Avant même de contacter des maisons d’édition pour déposer mon manuscrit, une fois que je l’ai fini, l’hymne était déjà à la joie et à la satisfaction.

Parce qu’au final concrétiser un projet c’est tout à fait le contraire de l’instantanéité ; cela ne se fait pas en pressant un bouton… C’est du travail, de l’organisation, de la patience surtout et l’on apprécie autant le trajet que la destination.

En tout cas, moi j’avais adoré faire sortir cette idée qui m’a longtemps accompagnée des labyrinthes de mon cerveau et la libérer. Comme ça, je me sens libérée !

Safaa White

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