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Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

Né sous une bonne étoile

C’est bientôt la rentrée scolaire et même si je ne savais pas de quoi il était question cette lecture tombe à pic.

Aurélie Valognes, l’autrice préférée des français, nous invite à travers le petit Gustave, de jeter un regard sur le système éducatif. Ce petit garçon timide et obéissant, grandissant dans l’ombre d’une sœur surdouée, hautaine et insensible, est persuadé dès son entrée au CP qu’il n’est pas fait pour l’école, et cela malgré ses efforts et son travail acharné.

Les années du primaire rimaient avec lenteur, devoirs interminables, fatigue et souffrance, pourtant passionné par d’autres domaines invisibles à une école qui ne jure que par les bonnes notes et l’adresse d’un élève. Et comme sa réputation le précédait, les professeurs semblent s’aveugler devant sa bonne volonté et le catégorisent déjà et pour le reste de sa scolarité comme cancre.

Quand apparait Céline, une enseignante qui croit n’être pas faite pour ce métier mais milite malgré tout pour le bien des élèves qu’elle aime. Là, Gustave a une chance de se demander si ce n’était pas l’école qui n’était pas faite pour lui. Il est alors sujet à un combat viscéral entre ses croyances limitantes du « même s’il veut il ne peut pas » et les prophéties auto-réalisatrices du « je vais y arriver ».

Et pourtant il y avait des jours où l’espoir s’envolait, comme ce soir-là. Cela faisait à peine plus de dix ans qu’elle enseignait, et pour la première fois, elle remarquait que dans « enseigne », il y avait « saigne ». Était ce fait exprès ? comme un avertissement subtil, un effet secondaire indésirable sur une notice dont elle n’aurait pas lu les caractères inscrits en minuscule. L’école n’était pas seulement un lieu où l’on apprenait, mais d’où, parfois aussi, l’on souffrait. Elle ignorait si l’on parlait du sang des parents ou de celui des professeurs ?

A moins que ce ne soit celui des élèves.

Vibrant d’émotion, épicé de beaucoup de détails de la vie quotidienne sans ennui, fait dans un style fluide autour de personnages attachants, Né sous une bonne étoile est une lecture très feel good qui porte entre ses pages un message d’espoir pour toutes les personnes différentes, travailleuses, ramant des fois à contre-courant, qui ne se laissent pas intimider et croient que parfois il suffit d’une rencontre, d’une main tendue, d’une attention pour que la vie bascule du bon côté.

Faisant de certaines bribes de son enfance et de sa scolarité la toile de fond de ce roman inspirant, la romancière nous embarque talentueusement, avec humour et sincérité, dans une aventure comme on n’en lit pas souvent et pourtant une école qui veut que les leçons rentrent facilement pour tous, et refuse de se réinventer est un vrai phénomène populaire qui élargit le panorama des injustices de la vie.

Safaa White

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