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Néfertiti, l’ombre du soleil

L’Egypte Ancienne ne laisse pratiquement personne indifférent. Ses sciences développées, son architecture, sa médecine et aussi ses divinités, font d’elle une civilisation qui a su à travers tous les temps captiver plus d’un admirateur !

Pourtant, quoique je sois attirée par les œuvres d’Histoire – ceux d’Amin Maalouf par exemple demeurant pour moi une source infaillible d’informations – et j’y fonce droit parmi les autres titres de ma pile, « Néfertiti, l’ombre du soleil » me laissa dès le début jusqu’à la fin plutôt… perplexe.

Probablement, je n’allais pas l’être si, il y a des années je n’avais pas dévoré le premier roman de Michelle Morin, Les Rêves de Néfertiti ni tombé aussitôt sous le charme de sa plume (et que j’ai prêté malheureusement sans l’avoir recueilli!), et malgré ma grande résistance à la comparaison, je me voyais automatiquement affronter les deux récits et me demander qui d’entre eux enferme le plus grand dosage de secrets égyptiens dévoilés.

La reconstruction de l’histoire iconique égyptienne qu’a nécessité ce travail, ayant comme base une riche documentation de l’époque, le déchiffrement des papyrus trouvés et l’interprétation des figurations et monuments (stèles, tombes, palais, sanctuaires, villas, etc.) découverts lors des recherches archéologiques sur les sites qui ont été occupées par les différentes familles royales, fait du roman de Christian Jacq, incontestablement le plus éclairci!

Tout au long des 374 pages de lecture, des indices temporels, des dates et des traductions hiéroglyphiques (une carte des sites y est présente également), sont fournis pour accompagner le lecteur dans son périple à travers le Royaume du Delta, de la Basse et de la Haute Egypte, et l’inviter aux péripéties de neuves années de royauté du Pharaon Akhenaton et de la Grande Epouse Royale NéfertitiLa belle est arrivée– un couple dont la principale révolution fut religieuse.

En effet, le règne du 4ème roi Amenhotep, connu pour ses profonds questionnements et recherches philosophiques, son penchant pour la paix et le dénigrement des croyances de son peuple délibérée ou forcée par les prêtres, a été marqué par l’abandon des anciens rites et la conversion vers une seule et omniprésente divinité, Aton, représenté par Le Disque Solaire. Considéré comme Roi hérétique, le pharaon changea son nom pour Akhenaton, Utile à Aton ou Eclat d’Aton, et transféra sa capitale de Thèbes (Actuelle Louxor) à Akhet-Aton (Amarna) en signe de rupture épistémologique avec les anciennes pratiques vénérant le Dieu Amon.

Relevée au rang de co-régente, la belle reine a usé de son influence et sa diplomatie, des fois sa fermeté et son zèle pour soutenir, approuver et accompagner son mari immuablement et en dépit des hostilités et des divergences. Personnage emblématique, Jacq nous décrit cette mère de 6 princesses, comme réussissant à exercer son pouvoir de séduction non seulement au sein de la Cour, mais auprès du peuple également.

Le problème, avec lui connu pour s’être spécialisé en égyptologie, c’est qu’il ne m’a envoûté ! Ses 77 chapitres m’offrirent un beau moment, mais j’aurais aimé être entrainée plus fortement dans le suspens des intrigues et renversée par la description des faits. Le fil de la lecture fut plutôt marqué par la lenteur, dont le motif n’était pas totalement mien, puisque j’étais satisfaite de le lire en trois semaines !

L’autre gêne émanait des détails qui m’interpellaient et questions que je me posais et cette comparaison dont je parlais au début en était en partie l’origine. Qui des deux a survécu à la mort de l’autre ? Néfertiti fut elle morte ou assassinée ? Avait-elle régné après le décès de son mari ? Ou ce fut son ainée qui lui succédait quand Akhenaton se retira ? La seconde épouse d’origine Mitannienne avait-elle un fils du roi ? Une fille ? Ou ce n’était même pas un enfant de sang royal ? Pourquoi la trace de la sœur de Néfertiti ne figure en aucun lieu par ici alors que chez Morin elle était presque de grande aide à la reine, elle qui donna naissance au futur pharaon ? et déjà, est ce que Néfertiti fut ou non la cousine d’Amenhotep IX ? etc.

Vous voyez bien qu’avec des chroniques, pas vraiment contradictoires, mais non plus complémentaires, le manque d’information m’angoisse et l’envie me titille déjà pour chercher l’œil d’un troisième chercheur/écrivain.

Vous aurez des suggestions ?

Safaa White

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