Nos vies parallèles

Nos vies parallèles

Le parallélisme du monde m’a toujours impressionné.

Pas dans sa dimension physique relative.

Plutôt l’existence simultanée à un moment donné de la chose et son antonyme. Au niveau local, continental ou plus planétaire TOUT est synchrone, l’objet et son contraire, l’harmonie et le chaos, la matière et l’antimatière.

Je m’amuse à imaginer un visage pour la Terre et ses habitants. Quels en seraient les traits pour un instant T ?

Imaginons une minute, une caméra suspendue au-dessus de notre globe, capturant les clichés exceptionnels des deux hémisphères, du noir et de la lumière, du froid et de la chaleur… plus en détail, la paix et la guerre, la famine et la surconsommation, les décès et les naissances, les maladies et les remèdes, les inondations et les sécheresses, les surpopulations ou la vieillesse, etc. La terre est en mouvement pour retrouver un équilibre le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est précaire.

Les états affectifs « parallèles » des hommes sont d’excellents sujets d’étude sous le zoom de la caméra. La simultanéité des évènements de la vie de tous les jours et la naissance conséquente de sentiments contradictoires est tout simplement difficile à cerner.

La seule mise en situation que je trouve répondre nettement à ma question, est un déplacement par train.

Des milliers de personnes prennent le train au quotidien et leur ordonnancement au même moment n’influe en rien la façon propre dont chacun vit ce voyage.

Le temps et l’espace ne jouent aucun rôle (Albert Einstein doit se mouvoir actuellement dans sa tombe) : Le contenu étant le même, mais la disposition des personnes différente. Il s’agit d’un siège de multiples tailles, âges, conditions, statuts, occupations, etc. se rendant à la même destination avec ou non l’intention de revenir, mais avec autant de raisons que les voyageurs eux-mêmes.

Loin des apparences extérieures, l’instantanéité de multiples états psychologiques contradictoires de ces groupes de personnes est encore plus intéressante pour un supposé observateur omniscient.

Joie, tristesse, loisirs, travail, études, espoir, appréhension, anxiété, fatigue, bonne humeur, insouciance ou application… la notion même du temps est dilatée pour chacun.

Ce qui fait que –relativement- ce wagon dégage autant d’ondes agréables et désagréables capables de s’annihiler mutuellement.

Plus globalement, l’une des vérités les plus profondes et évidentes est celle de reconnaître que chaque instant est propre à toi, tu le vis différemment de ton voisin, l’interprétation que tu en donnes et le sentiment que tu exprimes te sont propres, quoique vous êtes tous les deux pris dans la même dimension espace-temps.

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