Papillon

Papillon

Une très longue lecture (la liseuse ne l’accélère guère) et voilà que sa chronique se fait attendre depuis que je l’ai terminé, il y a plus d’un mois, je pense.

Condamné à perpétuité pour un meurtre qu’il a toujours nié, Henri Charrière, critique à travers son texte l’erreur judiciaire, l’injustice du traitement et les conditions inhumaines du bagne français dans les années 30.

Dès la couverture, le lecteur sait qu’il s’agit d’un thriller : la plus grande aventure de cavale jamais racontée ; mais si le lecteur se satisfait aussi difficilement que je le fais, il n’y trouvera goût que vers la deuxième partie du premier chapitre, le transfert vers la Guyane. Le récit est depuis plus accrochant, intéressant et agité. Comme il ne s’était jamais vu « quelqu’un du bagne, mais seulement de visite », le héros ne cessait pendant les treize années de captivité de préparer, cavale après cavale.

De par sa langue et son jargon, le roman s’inscrit dans la littérature orale. En effet, Papillon et malgré ses 13 cahiers, 43 chapitres et ses 609 pages, s’avère simple à lire ; et quoi de plus meilleur que décrire ses malheurs dans une expression proche du cœur, sans tournures de phrases ni ornements de style. Est-ce à cela qu’il doit les 2.5 millions d’exemplaires vendus en France et près de 10 million dans le monde ? Où au fait qu’il met à nue un régime pénitentiaire indigne d’une nation dont les principales devises sont Liberté/Egalité/Fraternité.

Il serait tout de même bon à savoir, que nombreux passages, ont été pointés du doigt par plusieurs chercheurs, et en premier celui que l’éditeur envoie vérifier l’authenticité des faits relatés dans le manuscrit d’Henri Charrière, à savoir Roger-Jean Ségalat. Les dires de ce dernier ont été jugés de mensongers par les uns, et d’affabulations par d’autres.

Roger-Jean Ségalat a rédigé pour l’occasion un écrit passionnant, intitulé « Sur les traces de Papillon », qu’il n’a jamais publié d’ailleurs où il met l’accent sur plusieurs libertés prises par l’auteur (Le bagne de Colombie, la tribu indienne, le consul belge, etc.). On l’accusait même de s’approprier les histoires d’autres bagnards qu’il a côtoyés.

À lire cela, on est presque déçu, même si au fil de la lecture on n’est pas facilement prêt à croire à toute la chance, la Providence et à la bonne étoile qui dépassent toutes la logique humaine. Pourtant ce que j’aime retenir, c’est qu’il « est normal qu’un homme s’il n’est pas pourri de tenter de s’évader ». Voilà pourquoi après tout le succès du roman il a beaucoup inspiré les cinéastes. Déjà une reprise de la même histoire en décembre 1973 (quelques mois après la mort d’Henri Charrière) avec Steve Mcqueen, et récemment Three Days for Her, avec Russell Crow.

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