Qui es-tu Alaska?


Read / mardi, juillet 3rd, 2018

Rien n’est plus commun qu’un lycée américain. On a tous vu leurs dortoirs, leurs cafétérias, leurs salles de classe et de détention, et cette histoire qui se déroule à Culver Creek est une belle représentation d’une année scolaire avec des facettes anodines du quotidien (la loyauté, l’amitié, l’amour, la transgression) et des réflexions plus philosophiques auxquelles ne se résout généralement pas un roman pour adolescents.

Moi qui boudais jusque-là la littérature adolescente et fantastique, je trouve que c’est un autre grand premier roman susceptible de séduire tout le monde.

Miles Halter, un jeune adolescent peu excentrique, à la vie sociale limitée et obsédé par les dernières paroles des grands hommes, quitte la Floride à la recherche d’un Grand Peut être.

Il fait, entre autres, la connaissance de la fille la plus troublante du lycée. Impulsive, intelligente et lunatique, Alaska, en quête d’une issue d’un énigmatique labyrinthe.

John Green, l’auteur du best-seller Nos étoiles contraires, parle de l’adolescence en toute simplicité. En toute humanité. Les questions que se posent les jeunes, en quête de savoir et de sens à leur vie, reviennent ici avec un grand naturel et beaucoup de bonne humeur (et d’humour).

Quand un décès survient brusquement, le groupe d’amis voit leur vie bouleversée. L’œuvre composée de deux parties, Avant & Après, non équilibrées, complémentaires mais dont les ambiances sont diamétralement opposées, aboutit vers une enquête anxiogène pour comprendre les raisons de ce départ (au sens propre comme au figuré) : savoir où l’on va après la mort ; s’il existe réellement un au-delà ; sont les interrogations qui reviennent le plus souvent.

De mon point de vue, les gens avaient besoin d’être rassurés. Ils ne supportaient pas que la mort soit synonyme de grand néant noir, que les êtres qu’ils chérissaient n’aient plus d’existence, et ils ne pouvaient a fortiori pas s’imaginer ne plus exister. J’ai décrété finalement que les gens croyaient en l’au-delà pour la bonne raison qu’ils ne pouvaient supporter de ne pas y croire. P.171

Ni trop argotique ni suffisamment soutenu, tout au long de 365 pages, l’auteur à l’âge de 25 ans, a su soulever de jeunes préoccupations avec la maturité des adultes. Avec d’inspirants aperçus du cours Histoires des Religions, je suis sortie de ce roman marquée tel qu’il l’a bien promis, non sans regretter, je l’avoue, qu’à l’époque je n’avais pas eu la chance d’être si énergiquement secouée en matière de réflexions et de prises de positions.

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