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Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

Reconnaissance silencieuse? Non, merci…

L’inédite situation que nous vivons depuis plusieurs mois a cependant beaucoup de bon. C’était l’opportunité pour plusieurs personnes à se recentrer sur le positif, l’essentiel et sur l’humain.

Dans un examen de conscience, nouveau et inhabituel, nous nous sommes lancés dans une « gratitude list », variée, qui change d’une personne à une autre et dont le pouvoir, selon la psychologie positive, est capable de transformer la vie. Mener une existence plus saine, sans ruminer, sans broyer du noir pour n’apercevoir que du positif au quotidien et en remercier les personnes qui en sont la source.

On peut être reconnaissants pour :

  • être confiné avec sa famille, dans son pays, avec les siens ;
  • un travail que nous avons, sa flexibilité, le revenu assuré ;
  • un corps bien portant, une bonne santé, l’air libre que nous respirons ;
  • la technologie qui nous permet de communiquer avec nos proches, être continuellement informé et diverti ;
  • l’eau au bout du robinet, l’électricité au bout de l’interrupteur, un toit qui nous abrite en toute dignité…
  • le temps dont on dispose alors qu’on en manquait en continu…
  • ou tout cela à la fois.

Et si ces éléments traduisent l’expression de notre reconnaissance envers l’univers, la gratitude passe également par connaitre l’importance de l’autre dans notre propre bien-être et surtout le lui faire savoir. C’est le ciment social qui maintient les relations et renforce l’interdépendance des êtres humains.

La gratitude est le secret de la vie. L’essentiel est de remercier pour tout. Celui qui a appris cela sait ce que vivre signifie. Il a pénétré le profond mystère de la vie.
Albert Schweitzer

Sauf qu’il y a une catégorie dont on attend énormément et me semble, dans l’exercice de ses fonctions, invisible.

Ce sont les FEMMES.

Dont plusieurs, dans le combat de la pandémie du Covid-19, ont été mobilisées en première ligne, pourtant, on parle rarement de leurs métiers : les femmes de ménage, les caissières, les infirmières, et les femmes au foyer (y compris celles faisant du télétravail qui ont dû concilier entre vie professionnelle, familiale et… personnelle).

En effet, la société attend toujours de la femme de prendre soin des autres et répondre à toutes les sollicitations. Active, engagée, maîtresse de son temps, elle devait jongler entre plusieurs tâches (avec le sourire SVP, comme si de rien n’était = oui, la situation est déprimante, mais n’en rajoutez pas des couches).

Pour certaines c’était l’occasion de s’aventurer dans des pistes non ou mal connues (ménage et recettes, notamment en période de Ramadan et de l’Aïd).

Mais, est ce qu’il est venu à l’esprit de quelqu’un de se demander de quoi se nourrissent ces êtres humains qui en font tellement ? quelle est cette énergie qui alimente leur dynamisme ?

Pour avoir relevé le défi et ravir par leur soutien, courage, effort, débrouillardise (il n’y a malheureusement pas de traduction pour le terme Hdaga !), ces femmes, de plus en plus sujettes au syndrome de la charge mentale, celui d’être épuisées à force de penser à tout, méritent du respect.

Exit les cadeaux matériels.

La femme se nourrit principalement de reconnaissance.

Ça n’a rien à voir avec l’orgueil, le narcissisme ou l’immaturité. L’être humain est un animal social qui a besoin de se sentir aimé, accepté pour appartenir à un groupe.

Pour la plupart, recevoir des sourires et écouter des mercis fait toute la différence.

Cependant, les récentes études scientifiques suggèrent que les hommes ont plus de mal à exprimer de la reconnaissance et passent à côté de relations solides et d’un sentiment de bien-être général.

Pas les remerciements, presque automatismes, appris dans l’enfance. Plutôt le fruit le plus agréable et le plus utile au monde (Ménandre), la reconnaissance par le cœur pour la personne jardinière par qui l’âme a été fleurie (Marcel Proust).

Comme ils n’aiment pas avoir besoin des autres, avouer leur vulnérabilité, il leur est difficile sur un plan émotionnel de gérer cette sorte de redevabilité. Ils se sentent obligés de « rembourser » des services.

Apprendre à exprimer…

Mais à mon sens, au lieu de garder leur statut de « consommateurs », remplis de la meilleure bonne volonté qu’ils soient, les hommes peuvent améliorer le sentiment de reconnaissance et gagneraient plus à apprendre à exprimer ce qu’ils ressentent. Là, encore c’est un travail culturel qui passe par l’éducation des jeunes garçons, par les familles et la société.

Mettre les mots sur les sentiments fait tellement de bien. Oui, ça on l’a compris. Quand rien ne va, les hommes contrariés prennent les libertés de se défouler et le manifestent clairement.

Mais, quand il s’agit de remercier… Lire Loading!

L’écrivaine Gladys Bronwyn Stern a dit la reconnaissance silencieuse ne sert à personne.

La neuroscience nous explique comment la reconnaissance aide à réduire la production du cortisol, l’hormone du stress. A l’inverse, la gratitude active des zones cérébrales qui déclenchent l’ocytocine, la dopamine et la sérotonine, toutes des hormones dites de bonheur et de bien-être.

Selon la Loi du don, l’une des lois spirituelles du succès, l’univers agit par échanges dynamiques. Dans chaque don existe le germe d’un échange. Ce que vous donnez n’est pas perdu, loin de là… L’énergie contenue dans ce que vous donnez se transformera en une nouvelle forme d’énergie qui circulera et vous reviendra. (Source : www.medium.com)

Ressentir de la gratitude et ne pas l’exprimer, c’est comme emballer un cadeau et ne pas le donner. William Arthur Ward

Les psychologues avancent que les personnes reconnaissantes éprouvent les degrés les plus élevés de joie, d’enthousiasme et d’optimisme. En même temps, une telle pratique protège des sentiments négatifs comme l’envie, le ressentiment ou le regret.

Donc, SVP, braves gentilshommes, faites savoir que vous êtes reconnaissants. Votre présence, votre affection et votre écoute (encore là, ne prenez pas les plaintes pour des critiques!) sont les meilleurs cadeaux qu’une femme puisse recevoir, avec la garantie d’un boomerang gratifiant : quand vous émettez de la gratitude, vous faites du receveur un autre émetteur bienveillant!

Safaa White

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