Ressentez-vous le besoin d’être reconnu?


Think / vendredi, janvier 25th, 2019

Apparemment je suis une narcissiste conversationnelle.

Pour venir à bout d’un thème comme celui d’aujourd’hui, où je ne vous apprends rien de nouveau, il m’a fallu du temps pour trouver l’outil qui dégèlera la glace de la page blanche, afin de capter l’attention et donner un sens à mon texte dans la foule des publications quotidiennes. Et cet outil, cette clé, fut de ramener la discussion vers moi.

Je n’éprouvais pas forcément le besoin de parler de moi, mais pour débattre l’évolution pyramidale de nos besoins selon Maslow, il me semblait présenter le sujet sous mon angle de vision la meilleure stratégie pour en pratiquer les abords.

La vie conjugale est un terrain propice à l’identification et satisfaction des besoins. Entre ce qui nous liait à la base et les aléas de la quotidienneté ; les rapports dictés par les codes et les habitudes internes à notre culture ; le confort de la routine et la fausse idée que le couple est totalement acquis, le vivre ensemble devient un besoin et un challenge, une sorte d’accord imparfait ! Les deux partenaires – l’un parlant un langage Martien, l’autre Vénusien– dans une quête inconsciente et innée de combler leurs aspirations, ont tendance à tirer sur la corde, à avoir chacun de son côté le dernier mot que finalement le couple semble s’étioler, l’hygiène de vie se détériorer avec l’impression de sacrifier leurs personnalités en y laissant des plumes. La personnalité étant le compromis entre les pulsions, désirs et les limites avec l’extérieur.

Or, une relation épanouie est appelée à être vivante et donc progresser alors qu’une relation déséquilibrée est celle où les deux protagonistes ne sont pas « à l’aise » ou l’un l’est parfaitement tandis que l’autre partie se sent « frustrée ». Les conflits sont alors associés à ce genre de déséquilibres qui ne permettent plus à l’un des deux de se voir « à ses propres yeux » valorisé.

Personnellement, je me suis longtemps demandé sur les compromis à faire quand l’un semble vouloir avancer et l’autre en face stagner. Et c’est dans un des films de noël que je regardais (Noël entre filles en l’occurrence) où j’ai entendu une réplique pour la 2ème fois (La première m’était formulée par une amie) : « Jeunes ils étaient en phase, sauf qu’elle a évolué, lui non ! ». Là j’étais convaincue qu’il s’agisse d’une question universelle, et que pour le reste ma vie était un scénario.

La fameuse pyramide répond aux règles évolutionnaires. Plus un niveau inférieur de besoins est satisfait, plus on aspire à satisfaire d’autres plus épanouissants. Ce qui fait de ma vie un jeu « inconscient » où je bloque au niveau 4.

Si je me fais avec l’idée d’avoir quand-même de la valeur, de l’utilité et développe tant bien que mal mon indépendance, tous mes « conflits interpersonnels » se nourrissent de ma fixation sur le regard des autres et l’approbation de mon image.

On penserait plutôt que cela puisse cacher des manques ou des peurs. Probablement. Mais je me vois « heureusement » dans plus de reconnaissance et ça détermine la qualité de ma vie telle que je la vois, même si en parler sachant que ses propres représentations seront encore remises en cause met généralement mal à l’aise.

Le besoin d’estime est rattaché au désir de réussite, de mérite et de confiance en soi face aux autres. Toute personne doit éprouver de l’estime pour elle-même et sentir que les autres ont de la considération pour elle. Toute personne a besoin d’être reconnue et appréciée des autres ce qui lui permet d’accéder au bonheur. Lorsque ces deux besoins ne sont pas satisfaits, elle a le sentiment d’être faible et marginale.

Les études peuvent lier le besoin de reconnaissance à diverses attentes au quotidien : se lier à une communauté ; gratitude pour les services rendus ; digne d’être aimé ; en quête d’estime et de sociabilité, etc. La science a même démontré que le rejet contribue à la baisse considérable de la fréquence cardiaque.

Dans la reconnaissance des parents, l’enfant cherche à être aimé. Il a alors une place dans cette famille, ce monde, ce qui va l’aider à s’affirmer par la suite et jouera un rôle dans son équilibre.

C’est un besoin primitif, universel, animalier, qu’est celui d’appartenir à un groupe ou une tribu.

Cependant, si l’atteinte du 4ème niveau semble être la quête naturelle de tout le monde, la perception des attentes et leur formulation diffère qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme.

Les hommes en perpétuelle concurrence avec leurs pairs refusent de s’aider, ne demandent pas ou ne manifestent pas le besoin d’une main qui les tire vers le haut ; les femmes, elles, adorent s’entraider, se requinquer l’une l’autre, se plaindre et d’être écoutées avec le sentiment d’être moins seules. Elles ont besoin de l’autre (généralement une femme, idéalement un homme) pour les accompagner à sortir du creux de la vague.

Que nous soyons une working mum menant de front son travail et son foyer ou une super nana chic et choc, l’image que l’on souhaite se voir révéler est une image positive. On aimerait tous que nous soyons admis, respectés, approuvés, et des paroles positives, des mots de reconnaissance, des compliments fondés, ont le don de se faire sentir fabuleux dans son genre.

Mais les relations alternent selon les niveaux et les partenaires.

Une femme peut se sentir « protégée » à l’idée que son conjoint prenne le couple en mains en l’épargnant de la prise de décision. Tandis qu’une autre femme dans un contexte similaire nourrira des sentiments négatifs à l’idée de ne pas se sentir à la hauteur ou écrasée.

La mauvaise nouvelle est que ce besoin de reconnaissance ne sera jamais comblé. Nous sommes humains et nous ne sommes ni parfaitement aimable ni éternellement serviable pour compter s’entourer tout le temps de louanges et compliments. Satisfaire ce besoin ne doit pas frôler la dépendance ni être l’unique moteur dans tout ce que nous entretenons, mais il est impossible de vivre à l’écart comme il est impossible de se faire une vraie image sincère sur soi. Un regard bienveillant de l’autre est capable d’adoucir son regard sur soi et ainsi ressortir la beauté en nous pour la percevoir autour.


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