My World To You

Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

Sans abri

Petit-chat-mignonJe n’aime pas les chats, je leur préfère les chiens.

Ils me paraissaient rusés et je n’aimais pas leurs regards dépourvus d’émotions. Leurs yeux ne véhiculaient pas cette chaleur qu’ont les chiens loyaux quand ils te regardent.

Mais hier, j’étais tellement touchée par ce regard perdu et attirée par cette fragilité étrange que j’en ai pleuré.

Ce petit chaton – nouveau né apparemment – traversait en étourdissement la rue, se faufilant entre les pieds des traversant pour éviter leurs pas, et faillit passer sous les roues des bicyclettes…

Je ne pouvais le laisser se perdre et je devais le protéger contre cette son inconscience. 

Au début, je l’ai pris dans ma paume (si petit pour qu’elle l’enveloppait) et une fois apercevant la verdure du gazon il sauta. Je cherchais de mes yeux une éventuelle chatte pas loin d’ici qui pourrait lui être mère. Mais, rien !

J’avais les larmes aux yeux à le quitter ainsi, mais au bout d’un moment je réalisais que je ne pouvais passer la soir à le regarder ou attendre une arrivée familiale.

Je traversais l’autre coté de la rue et détournais par moments mon regard quand ses petits miaulements enroués me parvenaient.

Incorrigible qu’il était, il recommença !

Cette fois il réussit à emboitait le pas à deux passants et en les suivant me trouva en train de l’attendre à l’autre coté. Il s’arrêta et revint tourner à mes cotés.

Cette fois décidée, je m’incline et le prends dans ma main. Je l’abrite chez moi pour le temps qu’il faut, pour qu’il retrouve ses forces et le quitte.

J’ouvrais la porte de ma maison, peureux il hésitait et toujours collé au mur, ne pouvait avancer. Je laissais la porte ouverte et l’incitais à me suivre.

Je trouvais pour lui rapidement un panier que je prenais la peine de couvrir de coton (j’avais l’impression qu’il serait à la recherche d’un contact doux et ce coton le tromperait sur la présence d’une maman) et même s’il inspectait les lieux, je devais l’y installer remarquant qu’il ne touchait pas au lait que je lui ai présenté.

Quand je me suis abstenue un moment, Bébé (je ne lui ai pas trouvé autre nom) a sombré dans un profond sommeil qu’en revenant je m’inquiétais. Il ne tremblait plus et s’est courbé sur lui-même et dormait. Je ne sais pas si pour les chats fermer sereinement les yeux et avoir un souffle régulier est synonyme de sommeil, mais j’en étais contente. Je venais lui jeter un regard de temps à autre et des fois il levait la tête me regardait et retrouvait son ancienne position.

Après quand il s’est réveillé (peut être dérangé par ma voix au téléphone) il me suivait partout et cette fois il dévorait le fromage que je lui donnais. On dirait que les heures de repos lui ont permis de retrouver son appétit.

Mais cette joie de le voir manger et le couver ne pouvait s’éterniser encore. Maman me demandait de m’en débarrasser parce qu’il ne fallait pas ! Je ne pouvais le laisser le lendemain seul en allant au travail, il serait mieux dehors. Il survivrait ! J’ai eu les larmes aux yeux et ma voix s’étranglait que je ne pouvais continuer à parler et je décrochais.

Je ne pouvais que le laisser aux escaliers pour la soirée.

Tard la nuit, derrière ma porte, je l’entendais qui miaulait encore de cette petite voix, et ça me peinait !

Ce matin, sentant mes mouvements au réveil, il retrouvait ses cris et à ouvrir la porte je trouvais le lait renversé et Bébé qui est sorti de son panier… je l’ai pris et déposé près d’un arbre devant ma maison.

C’était malheur de le quitter ainsi, mais j’espère qu’il se porterait mieux, dans la nature…

Safaa White

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