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Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

S’habiller responsablement

Savez-vous à quel trajet peut-on comparer le parcours d’un jean ?

De la récolte en champ de coton à sa mise en vente en boutique, un jean parcourt 1,5 le tour de la Terre !

Etant mondialisée, l’industrie de mode, de par le recours excessif aux transports émet à elle seule 1,2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre par an soit 10 % des émissions mondiales de carbone (= plus que l’ensemble des émissions provenant des vols internationaux et de la navigation maritime).

En plus, l’utilisation de substances chimiques pour la fabrication des fibres fait d’elle le 2ème pollueur d’eau dans le monde.

La Fast Fashion est également responsable du gaspillage des ressources naturelles provoqué par la surproduction de vêtements ainsi que la génération d’impressionnantes quantités de rebuts.

En effet, tous les moyens sont bons pour inciter la clientèle à renouveler régulièrement sa garde-robe : Période de soldes et de promotions, nouvelles collections saisonnières (et plus rapides encore !) … Le geste d’achat est devenu de plus en plus simple, facile, spontané et pourtant lourd de conséquence pour l’environnement.

Chiffres

  1. La production et l’utilisation de vêtements, chaussures et linge de maison dans l’Union Européenne en 2017 nécessitait 1,3 tonnes de matières premières et 104 mètres cube d’eau par personne ! Environ 85 % des MP et 92 % de l’eau proviennent de régions hors Europe (Pour fabriquer un tee-shirt, il faut l’équivalent de 70 douches, Pour fabriquer un jean, il faut 7 500 litres, soit l’équivalent de l’eau bue par un humain pendant…7 ans);
  2. Chaque année, 500 000 tonnes de plastiques sont largués dans l’Océan suite au lavage de nos fibres synthétiques;
  3. La teinture et les traitements de nos textiles sont particulièrement polluants et seraient responsables de 20 % de la pollution des eaux mondiales;
  4. En 2017, l’industrie du textile a engendré l’émissions d’environ 654 kg d’équivalent CO2 par habitant (les 3/4 en dehors de l’UE), c’est la 5e source d’émissions de CO2 liée à la consommation privée1

Les procédés de teinture, lavage, blanchiment et impression sont quelques-uns des plus sales de l’industrie textile, nécessitant de grands volumes d‘eau ainsi que des métaux lourds et autres produits chimiques ». Mariah Zhao, chargée de campagne produits toxiques pour Greenpeace.

Mais les impacts négatifs sur la planète ne sont pas les seuls inconvénients de l’industrie du textile. Qualifiée de pourrie de l’intérieur avec beaucoup d’acteurs d’ombre, la mode à divers impacts sociaux négatifs.

A plus forte intensité de main d’œuvre, elle profite clairement de la misère sociale la rendant encore plus coupable et des plus insoutenables.  

Plus de 60 millions de personnes, majoritairement représentées par les femmes, y sont employés comme des esclaves modernes, surtout dans le Sud continent indien. Le 2ème secteur dans le genre après la fabrication d’ordinateurs et de smartphones.

Selon le Global Slavery Index, l’esclavage moderne « couvre un ensemble de concepts juridiques spécifiques, notamment le travail forcé, la servitude pour dettes, le mariage forcé, l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage et à la traite des personnes ».

Cet esclavagisme moderne se traduit par des heures supplémentaires obligatoires non payées, l’emploi d’enfants, des humiliations, des violences, des privations (alimentation, passeport, logement) et des sévices sur des femmes qui ne remplissent pas leurs objectifs…2

Donc, l’industrie de fabrication de vêtements, avec ses substances nocives, l’épuisement des ressources, les transports polluants et l’exploitation de la main d’œuvre des pays pauvres dans des conditions sociales dégradées, détruit planète et vies.

La fashion révolution

Cependant, une prise de conscience écologique émerge et plusieurs mouvements s’organisent pour révolutionner la fast fashion. Exemple La Fashion Revolution, un mouvement mondial à but non lucratif CIC avec des équipes dans plus de 100 pays à travers le monde.

Puisque chacun peut contribuer -à son échelle- à l’évolution d’une mode plus respectueuse pour l’environnement, plusieurs expériences et démarches trouvent écho dans la volonté des consommateurs, ayant pour but de sensibiliser aux impacts de la surconsommation de textiles, en donnant des pistes pour la contourner.

On assiste depuis des années à une modification des tendances vers une consommation moins compulsive, plus écologique, plus économique, mais surtout plus humaine, où il est possible de :

  • Continuer de porter les tenues que nous aimons même si nous les avons depuis des années,
  • Réparer ses vêtements plutôt que de les jeter,
  • Recycler ce qui ne peut plus être porté. En Europe, on assiste au phénomène de l’upcycling, défini comme l’art de recréer des vêtements à partir de tissus existants.
  • Louer auprès des boutiques spécialisées qui mettent en relation des particuliers proposant surtout des tenues peu portées mais qui avaient couté un budget (Robes de mariée, déguisements, habits de soirée, sacs à mains…),
  • Participer au troc-party : des soirées où on réemploie les vêtements sans rien jeter. Entre amis ou inconnus, ces soirées incitent à apporter les vêtements dont on souhaite se débarrasser et on peut piocher gratuitement dans ceux des autres,
  • Acheter de l’occasion plutôt que du neuf en évitant des achats irréfléchis.

Cette piste, considérée il y a quelques années comme « vieilleries » revient sur les devants de la scène comme un comportement responsable et la solution pour une mode durable.

Selon une étude du CREDOC, 44 % des Français ont déjà acheté des biens d’occasion sur Internet en 2016, contre 27 % en 2007.

La sociologue Majdouline Sbai a expliqué dans son livre, « Une mode éthique est-elle possible ?« , comment en 20 ans, les Français ont doublé leur consommation de vêtements mais que 30 % de leurs achats ne seront jamais portés.

Des vêtements encore utilisables sont jetés chaque année. Mais au lieu qu’ils finissent leur vie dans les décharges, il est possible d’être réutilisés plus durablement en leur trouvant une place dans une autre garde-robe à la recherche d’un modèle précis ou d’un habit moins cher.

L’e-commerce a beaucoup participé au succès de ce nouveau mode de consommation en multipliant les sites dédiés à la revente en seconde main, tels les vestiaires collectives.

Dans cette veine, une adresse de revente des vêtements de 2ème main vient d’ouvrir au Maroc sous l’appellation Ecovet créée avec beaucoup d’engagement pour clôturer l’année 2020 qui a connu des changements de mentalités et une grande prise de conscience environnementale et sociale.

Notes :

  1. https://www.notre-planete.info/actualites/10-achat-vetements-mode-pollution#:~:text=Entre%20l’utilisation%20de%20substances,est%20clairement%20l’une%20des
  2. https://www.notre-planete.info/actualites/10-achat-vetements-mode-pollution

Safaa White

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