Le Silence de la Peur


Read / lundi, juin 6th, 2016

Ce que je suis contente de l’avoir terminé !

Pas parce que le challenge d’une semaine avant le ramadan a été fièrement tenu, mais parce que sa lecture était tellement lourde, soûlante, ennuyante, dégoûtante (des fois), tous les adjectifs sont bons pour dire que seule ma détermination d’aller au bout de la chose m’empêchait de l’abandonner déjà depuis la moitié du livre où j’ai commencé à sauter des paragraphes ou des discours entiers.

Karen Rose a pourtant eu le mérite d’aborder l’un des sujets les plus épineux de notre société, à savoir la violence conjugale. Et à lire les remerciements à la fin de l’ouvrage on se rend compte qu’il ne s’agit pas d’un réalisme moulé dans une fiction, mais que les épreuves confiées à cœur ouvert par les amies proches de l’auteur en sont l’inspiration de base. Là, la promesse d’une belle intrigue, par Tata Kabi l’ayant lu juste après Tout sauf le grand Amour, et le trouvant bien meilleur ne se démentait pas ! Et dire que des goûts et des couleurs on ne discute pas !

En effet, le Silence de la Peur est un mélange de genres, entre la romance, le suspense et le polar. Caroline Stewart, qui fut Mary Grace, victime de violence, a fui il y a sept ans le foyer conjugal avec son fils. Elle a pensé sérieusement sa fugue, en laissant croire au mari, qui la battait, torturait, violentait, à la possibilité d’enlèvement. Durant deux semaines du récit, vacillant entre la Caroline du Nord et la ville de Chicago, le lecteur suivra en détail l’enquête policière, le mari aux trousses de sa compagne, et le quotidien de celle-ci commençant à peine à « reprendre » goût à la vie, sous une nouvelle identité (qui fait de ce roman le deuxième de suite où l’on s’applique à un jeu de fausse identité, après L’homme qui voulait vivre sa vie), non sans porter en elle les doutes du passé.

Tout ce cadre général m’a fait rappeler Sleeping with the ennemy. La fuite, le relooking, l’université, même la hantise de l’ordre et la propreté, mais la prestation de Julia Roberts reste hautement non atteinte.

Après le dénouement, je n’ai plus eu à lire les deux derniers chapitres et je ne sais si c’est la traduction de l’américain par Sylvie Naurépy qui l’ait rendu si accessible, ou c’est plutôt le style si Harlequin responsable de tant de « légèreté ». Car, je reconnais que ma seule et grande déception était le style et tout ce qui va avec, les personnages, leurs discours, même leurs prénoms, et je trouvais le tout sorti droit d’un feuilleton doublé en dialecte dont je suis totalement allergique. Je ne supportais même pas la façon avec laquelle elle décrivait le plus grand « méchant », Rob, versus toutes les autres « gentilles » personnes.

Le roman Don’t tell de son titre original, comptant 535 pages, a été publié en premier en 2003 puis réédité en 2014 chez Les Editions Harlequin et à ne surtout pas à confondre avec le film (du même titre) réalisé par Nasser Bakhti en 2000, traitant de la violence que subissent les enfants dans et en dehors des écoles sans jamais en parler par… peur.

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